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Topic: Hommes célèbres Haitiens
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Excalibur Senior Member


Joined: 2005 May 25 Location: Haiti Posts: 4802
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| Posted: 2007 Jan 10 at 8:36pm
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La politique consulaire aux Antilles
(Article de LENTZ Thierry )
Reconquérir l'empire colonial
L'abolition de l'esclavage, Saint-Domingue et la guerre contre l'Angleterre
Le « lobby » colonial au pouvoir à Paris
La rupture avec Toussaint-Louverture
Le choix de Bonaparte : la manière forte
Répression en Guadeloupe
Le rétablissement de l'esclavage
La fin de l'affaire de Saint-Domingue
Les historiens du Consulat et de l'Empire ne s'étendent pas, généralement, sur l'échec de la politique coloniale de Napoléon. Non d'ailleurs que le sujet soit gênant pour eux mais parce que le rêve napoléonien de recréer un vaste « empire » outre-mer fit long feu. Ce dossier se confondit très vite avec celui de la lutte économique contre l'Angleterre dont il est devenu, en quelque sorte, un « sous-dossier », dans une approche « euro-centrée » de l'épisode. À l'inverse, selon les non-spécialistes de la période, Napoléon n'aurait été qu'un infâme esclavagiste, manipulé par le lobby colonial. Il n'y aurait à retenir de son action que l'offensive manquée de Saint-Domingue, les massacres de la Guadeloupe et, bien sûr, le rétablissement de l'esclavage dans certaines colonies.
En ce domaine –ô combien délicat car les frontières de l'historiquement correct ne sont pas loin-, on doit toujours tenter de conserver une attitude « historienne » (1), en appréciant les événements dans leur contexte purement historique. L'histoire est une discipline suffisamment complexe pour ne pas encore la compliquer par des jugements de valeurs anachroniques qui, pour universellement admis qu'ils soient en 2006, étaient loin de l'être il y a deux cents ans.
Pas plus que ses devanciers, le gouvernement consulaire ne renonça aux positions françaises hors d'Europe, qui, si elles s'étaient rétrécies à la fin de l'Ancien Régime et avaient en grande partie échappé au contrôle de la métropole pendant les dix premières années de la Révolution, représentaient encore de gros intérêts commerciaux. Il saisit la chance offerte par la paix d'Amiens avec l'Angleterre pour tenter d'en reconquérir la plus grande part. La concrétisation de ce rêve se heurta aux réalités : faiblesse maritime, mauvaise évaluation du désir de liberté des populations noires, erreurs psychologiques des chefs militaires, retard dans la prise de possession de la Louisiane et, enfin, reprise de la guerre avec l'Angleterre, dès mai 1803.
Reconquérir l'empire colonial
À la fin de l'Ancien Régime, après la perte de l'Inde et du Canada et la cession de la Louisiane à l'Espagne, les gouverneurs et les intendants de Louis XVI régnaient encore sur d'impressionnantes possessions aux Antilles (Saint-Domingue, Guadeloupe, Martinique, Marie-Galante, la Désirade, les Saintes, une partie de Saint-Martin, Sainte-Lucie et Tobago), en Amérique du Sud (Guyane), en Amérique du Nord (Saint-Pierre-et-Miquelon), en Afrique et sur les côtes du continent noir (Saint-Louis du Sénégal, île de France (Maurice), île Bourbon (Réunion à partir de 1793), dans l'océan Indien (Seychelles) et aux Indes, avec les cinq comptoirs (Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon et Chandernagor) (2).
Les Antilles étaient le fleuron des colonies françaises. On y comptait environ 600 000 esclaves originaires d'Afrique et 30 000 hommes de couleur libres, pour 55 000 Blancs, en 1788. Les exploitations minières et les plantations y étaient florissantes. Là, l'état d'esprit des colons était dominé par le désir de faire fortune avant de rentrer au pays. Les gouvernements successifs avaient encouragé cette forme de colonisation. En application du système dit de « l'Exclusif », les établissements antillais fournissaient en effet les denrées coloniales à la métropole et s'approvisionnaient uniquement auprès d'elle. Dans ce cadre, Versailles entendait régner vraiment sur « ses » colonies, comme sur les autres provinces françaises. Si bien qu'à la fin de l'Ancien Régime la fronde y couvait. Froissés de n'avoir pas été admis à envoyer leurs représentants aux Etats généraux, les colons réclamèrent une plus grande autonomie et, encouragés par les hommes des Lumières qui essaimaient jusque dans leurs taudis, les noirs devenaient remuants.
La sociologie du peuplement blanc a ici son importance. On rencontrait peu de nobles dans ces contrées lointaines nominalement administrées par des gouverneurs au nom du roi. La richesse y déterminait l'organisation sociale qui, si elle n'ignorait point l'affranchissement des esclaves et le mélange racial (justifié par un sureffectif masculin endémique), se caractérisait par la certitude de la supériorité de la race blanche (idée banale à l'époque, hélas, mais que l'historien ne peut que se borner à constater). Au début de la Révolution, les colons entendaient conserver cette forme « d'indépendance ». Leur crainte fut donc immédiatement que triomphent les idées généreuses véhiculées notamment par la Société française des Amis des Noirs, créée en 1788 par Brissot et dont les membres les plus marquants étaient Clavière, Condorcet, Duport, l'abbé Grégoire, La Fayette ou Mirabeau.
S'inspirant de ce que l'Ancien Régime avait concédé en Guadeloupe et en Martinique, en 1787, avec la création d'assemblées locales blanches compétentes pour assister le gouverneur, les colons de Saint-Domingue prétendirent s'émanciper en créant leur propre assemblée. Ils adoptèrent même une constitution, le 28 mai 1790, afin de défendre leurs « droits ». La Constituante cassa cette décision, en octobre. Dans la foulée, elle accorda le droit de citoyenneté aux mulâtres nés libres, avant que la Législative ne revienne sur ce décret, lors d'une de ses premières séances : le club de l'hôtel de Massiac, véritable groupe de pression formé de plus de quatre cents « amis des colons » (3), emmené par Gouy d'Arcy, Barnave, Malouet et le « Martiniquais » Moreau de Saint-Méry, avait repris le dessus au sein d'une représentation nationale pas si « généreuse » que cela. À cette époque, Robespierre parvint de justesse à empêcher le vote d'un décret reconnaissant formellement la légalité de l'esclavage.
Pendant qu'on discutait en France, des troubles éclatèrent dans la plupart des colonies : colons contre pouvoir central, libéraux contre esclavagistes, blancs contre hommes de couleur, Noirs contre mulâtres. Une révolte des mulâtres libres de Saint-Domingue fut matée dans le sang et le supplice de la roue fut appliqué aux principaux meneurs. Les premières révoltes d'esclaves eurent lieu sur plusieurs îles des Antilles (4). Le club de Massiac réussit à y faire envoyer des troupes pour rétablir l'ordre. Cette première poussée de fièvre fut suivie, à Saint-Domingue, d'une révolte d'esclaves. Peu informée de la situation réelle sur place, passant alternativement sous le contrôle des amis des colons puis sous celui des amis des Noirs, la Législative hésita et ne put agir en profondeur, ni dans un sens ni dans l'autre, les Amis des Noirs n'obtenant rien de plus qu'une confirmation des droits des mulâtres : le décret du 22 août 1792 décida l'élection de trente-six députés des colonies à la future Convention ; toutes les personnes « libres » (quelle que soit leur couleur de peau, donc) pourraient participer à leur désignation. Seuls six députés et trois suppléants furent désignés un an plus tard : trois Noirs, trois Blancs et trois métis. Quatre réussirent à percer le blocus anglais pour venir siéger à Paris (5).
L'abolition de l'esclavage, Saint-Domingue et la guerre contre l'Angleterre
Ne voulant pas ajouter un nouveau sujet de discorde au sein de l'assemblée, les conventionnels se refusèrent longtemps à débattre au fond de la question de l'esclavage. C'est par surprise que Grégoire fit adopter un décret supprimant toute prime publique à la traite, ce qui la rendrait très difficile. C'est sans l'accord de Paris que les commissaires Sonthonax (6) et Polverel abolirent l'esclavage à Saint-Domingue, le 21 septembre 1793. Enfin, le 4 février 1794 (16 pluviôse an II), sur proposition de Levasseur (de la Sarthe), la Convention vota par acclamations l'abolition pour l'ensemble des colonies françaises. Pour la première fois, un pays renonçait à l'asservissement des hommes au profit des intérêts économiques des colonies et, par voie de conséquence, à la traite (7). Mais l'affaire avait eu lieu dans un élan de générosité parlementaire, sans préparation ni mesures compensatoires pour les colons. Dans ses Mémoires, Grégoire regretta plus tard cette « brusque émancipation ». Pour faire bonne mesure, la Convention ferma le club de l'hôtel de Massiac et décréta d'arrestation de ses meneurs.
C'est à Saint-Domingue que les troubles allèrent plus loin. Les révoltes d'esclaves y avaient commencé dès août 1791. Elles avaient été réprimées avec vigueur, jusqu'au moment où un esclave affranchi, Jean-Dominique Toussaint-Louverture en prit la tête (8). D'une famille originaire de l'actuel Bénin, Toussaint-Louverture était né esclave en 1743 près de Cap-Français, au nord de Saint-Domingue. Eduqué par un affranchi, sachant lire et écrire, connaissant des rudiments de médecine, il avait lui-même été lui-même affranchi avant la Révolution. Son objectif était l'indépendance de Saint-Domingue avec un pouvoir noir, quitte à adopter pour y parvenir une tactique sinueuse. D'abord allié aux Espagnols, en 1793, il passa du côté français l'année suivante. Le Directoire le nomma général de brigade (1795) puis de division (1796), lui laissant même le commandement de l'armée de Saint-Domingue après le départ de son chef, Laveaux. Il confisqua alors les plantations abandonnées et les confia à ses lieutenants, créant une nouvelle élite issue de l'esclavage. Tant et si bien que, fin 1797, il était maître de la partie française de l'île. Après s'être un temps rapproché des Anglais et avoir profité de la reprise du commerce, il rompit ce nouvel accord, tout en tentant de se défaire des derniers représentants de la France. Sonthonax fut contraint au départ. Hédouville, envoyé sur place pour tenter de le raisonner, fut repoussé par les armes, en octobre 1798. Pour finir, l'armée des métis du général Rigaud fut écrasée par les troupes de Louverture lors d'une campagne qui fit de nombreuses victimes et fut marquée par des centaines d'exécutions sommaires. À l'avènement du Consulat, le général noir contrôlait toute la partie française de Saint-Domingue et regardait à présent vers la partie espagnole cédée à la France par le traité de Bâle de 1795 mais toujours contrôlée par Madrid.
Les colonies françaises n'étaient pas seulement menacées de l'intérieur. La faiblesse de la marine française et les luttes politiques nationales avaient fait la part belle aux Anglais et, pendant quelques mois, aux Espagnols. Si bien qu'au 18 brumaire, on peut dire que les guerres révolutionnaires étaient devenues une guerre « mondiale », en ce sens qu'elles se déroulaient pratiquement sur toute la planète. L'Angleterre occupait partiellement l'empire colonial français. Aux Antilles, elle était à la Martinique, Tobago, Sainte-Lucie et aux Saintes. Aux Indes, elle avait repris les cinq comptoirs, de même que Saint-Pierre-et-Miquelon en Amérique du Nord. En revanche, après diverses péripéties, la France avait conservé le contrôle de l'île de France, de la Réunion, de Saint-Louis du Sénégal, de la Guyane, de la Guadeloupe (perdue puis reprise) et, au moins nominalement, de Saint-Domingue, puisque Toussaint-Louverture se réclamait du gouvernement de Paris.
Le « lobby » colonial au pouvoir à Paris
Le pouvoir consulaire s'empara de la question coloniale dès son avènement, ce qui constituait sans doute le moyen d'offrir un « retour sur investissements » rapide à quelques hommes d'affaires ayant soutenu le coup d'État. L'article 91 de la Constitution de l'an VIII stipulait que « le régime des colonies françaises [serait] déterminé par des lois spéciales ». Cela signifiait que l'unité administrative entre la France et ses colonies, chère au Directoire, était rompue. Le 25 décembre 1799, les consuls adressèrent une proclamation aux « citoyens de Saint-Domingue », preuve que c'est le sort de cette île qui les inquiétait le plus. S'ils confirmaient l'abolition de l'esclavage, Bonaparte, Cambacérès et Lebrun lançaient aussi une sorte d'avertissement à Toussaint-Louverture dont les engagements successifs auprès de « puissances ennemies » n'avaient pas été oubliés :
« Citoyens, une constitution qui n'a pu se soutenir contre des violations multipliées est remplacée par un nouveau pacte destiné à affermir la liberté. L'article 91 porte que les colonies françaises seront régies par des lois spéciales. Cette disposition dérive de la nature des choses et de la différence des climats. Les habitants des colonies françaises situées en Amérique, en Asie, en Afrique ne peuvent être gouvernés par la même loi. La différence des habitudes, des moeurs, des intérêts, la diversité du sol, des cultures, des productions exigent des modifications diverses […]. Les consuls de la République, en vous annonçant le nouveau pacte social, vous déclarent que les principes sacrés de la liberté et l'égalité des noirs n'éprouveront jamais parmi vous d'atteinte ni de modification. S'il est dans la colonie de Saint-Domingue des hommes malintentionnés, s'il en est qui conservent des relations avec les puissances ennemies, braves noirs, souvenez-vous que le peuple français seul reconnaît votre liberté et l'égalité de vos droits (9). »
Pour porter à Saint-Domingue cette proclamation qui confirmait l'abolition de l'esclavage, Bonaparte désigna trois commissaires : le général Michel, le colonel Vincent (ancien de la colonie, très lié à Louverture) et le mulâtre Raimond (abolitionniste convaincu qui avait déjà rempli des fonctions de commissaire du Directoire de 1796 à 1798). Leur mission consistait à rétablir l'autorité de la métropole, avec l'accord de Toussaint-Louverture et en collaboration avec le dernier représentant réel du pouvoir central sur place, Roume Saint-Laurent.
Pour Bonaparte, la question centrale en matière coloniale n'était pas celle de l'esclavage. Comme bien des hommes de son temps, il était, au fond, indifférent aux aspects humains du problème. La persistance de l'esclavage dans les possessions de l'océan Indien (où la loi de pluviôse an II n'était jamais entrée en application) ne le gênait pas plus que son abolition aux Antilles : seule l'intéressait l'influence du statut des noirs sur la prospérité. Par ailleurs, dans la guerre contre l'Angleterre, les colonies étaient un point stratégique, à une époque où les flottes se poursuivaient à travers les océans et où les vaisseaux français devaient bénéficier de havres sûrs pour relâcher. Le Premier Consul exprima ces idées au Conseil d'État, le 16 août 1800, parlant encore de Saint-Domingue :
« La question n'est pas de savoir s'il est bon d'abolir l'esclavage […]. Je suis convaincu que cette île serait aux Anglais, si les nègres ne nous étaient attachés par l'intérêt de leur liberté. Ils feront moins de sucre, peut-être ; mais ils le feront pour nous, et ils nous serviront, au besoin, de soldats. Si nous avons une sucrerie de moins, nous aurons de plus une citadelle occupée par des soldats amis […]. Ainsi, je parlerai de liberté dans la partie libre de Saint-Domingue ; je confirmerai l'esclavage à l'île de France, même dans la partie esclave de Saint-Domingue [NDA : celle occupée par les Espagnols] ; me réservant d'adoucir et de limiter l'esclavage, là où je le maintiendrai ; de rétablir l'ordre et d'introduire la discipline, là où je maintiendrai la liberté (10). »
Et tandis qu'il dépêchait des commissaires auprès de Toussaint-Louverture, le Premier Consul ordonna l'envoi d'une armée de 4 000 hommes à Saint-Domingue. Une flottille sous les ordres du contre-amiral Lacrosse se prépara à appareiller de Brest. Mais le mauvais temps et la présence de la marine anglaise conduisirent à l'annulation de l'opération.
Dans l'entourage consulaire, on débattait autour de la question coloniale. Si la Société des Amis des Noirs et celle de l'hôtel de Massiac avaient été emportées par la Révolution, les intérêts qu'elles avaient défendus s'agitaient encore. Dans le camp des Amis des Noirs, l'amiral Truguet, ancien ministre du Directoire et un des conseillers maritimes de Bonaparte, militait pour le maintien du système de 1794. Selon lui, les bons républicains ne devaient même pas se poser de questions sur les bienfaits de l'abolition. Dans plusieurs notes au Premier Consul, il fustigea ceux qui, dans l'océan Indien, continuaient à se livrer à la traite et à asservir d'autres hommes. Il défendit Toussaint-Louverture et, plus tard, s'opposa à l'expédition confiée au général Leclerc. Mais Truguet était de plus en plus seul dans l'entourage consulaire. Ses deux principaux appuis, Grégoire et Volney, avaient, comme idéologues, pris le chemin de la disgrâce, rejoignant les rangs de plus en plus épais des « Brumairiens mécontents » (Roederer).
Le « lobby (11) colonial » avait pratiquement le champ libre. Dans les jours qui avaient suivi Brumaire, Cambacérès, alors ministre de la Justice, et Forfait, ministre de la Marine et des Colonies, avaient commandé aux bureaux de la place de la Concorde un projet d'arrêté assouplissant le décret du 16 pluviôse an II. Il n'était certes pas question de revenir sur l'abolition, mais simplement de permettre d' « importer » dans les colonies des hommes non libres de pays où l'esclavage subsistait, après quoi on leur accorderait, moyennant un dur labeur, un statut progressif pouvant aller, après plusieurs années, jusqu'à la citoyenneté.
Sur le dossier de Saint-Domingue aussi on s'agitait. Les colons pétitionnaient. Deux anciens conventionnels de l'île, le blanc Dufaÿ et le noir Belley, soutenus par l'influent amiral Ganteaume, opinaient pour une intervention armée. Forfait réunissait des groupes de travail qui étaient en réalité des groupes de pression. Sollicités par le Premier Consul, l'ex-conventionnel Serres et l'ex-constituant Monneron proposèrent un rétablissement pur et simple de l'esclavage dans toutes les colonies. Barbé-Marbois, dernier intendant de Saint-Domingue sous l'Ancien Régime, appuyait ses anciens administrés blancs dans toutes leurs prétentions. Cambacérès, jadis très lié aux hommes d'affaires profitant du commerce colonial, en rajoutait. Talleyrand, quant à lui, voulait le retour à une exploitation des colonies copiée sur l'Exclusif de l'Ancien Régime (12).
Le « lobby colonial » remporta son premier succès dans le traitement des affaires de l'océan Indien. La situation y était inverse de celle de Saint-Domingue. Là, depuis 1794, les colons refusaient d'appliquer le décret de la Convention et c'étaient eux qui avaient des velléités d'indépendance. Poussés par Forfait, hostile par principe au « parti de la prétendue philanthropie (13) », les consuls admirent que le statu quo était la meilleure solution aux Mascareignes (Réunion, île de France et Seychelles). Le soutien des maîtres blancs leur importait plus que les aspects philosophiques de la question de l'esclavage. La corvette L'Aurore apporta la nouvelle dans les îles concernées, en octobre 1800. Elle allait être confirmée à de multiples reprises par tous les envoyés de la métropole, jusqu'à rassurer pleinement les colons. Après la paix d'Amiens, des transports de joie accueillirent la confirmation que tout resterait en l'état et que le Premier Consul n'avait pas l'intention d'imposer la législation révolutionnaire.
La rupture avec Toussaint-Louverture
Fin avril 1800, Michel, Vincent et Raimond accostèrent à Saint-Domingue et remirent à Toussaint-Louverture la proclamation du 25 décembre 1799 accompagnée des documents le confirmant comme commandant en chef de l'île. Le général eut de longs entretiens en tête-à-tête avec les envoyés du Premier Consul. Constatant la grande tension qui régnait dans l'île, ces derniers conclurent toutefois à l'impossibilité de rétablir en peu de temps l'autorité de la République. La guerre contre l'armée « métisse » de Rigaud – ce dernier fut évacué et dirigé vers la France – était à peine terminée et ses traces dans les esprits loin d'être effacées. Les blancs s'étaient ralliés à Louverture, par la force des choses plus que par conviction. Les noirs refusaient toute autorité aux fonctionnaires issus de la métropole. Contrairement à Michel et consorts, Roume de Saint-Laurent continuait pour sa part à considérer Toussaint-Louverture comme le meilleur rempart contre le massacre des blancs, menace que l'entourage du général brandissait en toute occasion pour faire plier ses interlocuteurs. Dans la partie espagnole de l'île, les opposants à Louverture fomentaient des troubles, si bien que le général envisageait de plus en plus ouvertement de s'emparer de ces territoires et d'unifier la Grande Ile… ce qui n'eût été, au pied de la lettre, qu'appliquer le traité de Bâle de 1795. De leur côté, les émissaires de Bonaparte voulaient éviter une telle issue et, en tout cas, la concentration des pouvoirs entre les mains du général.
Toussaint-Louverture –que l'on aurait tort de croire angélique et seulement mu par des sentiments généreux- connaissait ces enjeux. Il avait eu vent des préparatifs de l'expédition Lacrosse, mais savait aussi que tant que la France et l'Angleterre resteraient en guerre, il serait très difficile de le remplacer. Son objectif fut donc de prendre un avantage décisif pendant la durée des hostilités. Pour cela, il continuait de confisquer une partie des recettes des plantations pour financer son budget, achetait des armes y compris dans les possessions anglaises voisines… tout en recevant plus que dignement les envoyés du Premier Consul pour ne rien leur concéder. Il commit cependant plusieurs erreurs, considérées par Bonaparte comme des provocations.
La première fut sans conséquences : refusant d'en faire son second, il provoqua le départ du général Michel. Celui-ci fut de retour en France en décembre 1800 et remit un rapport mesuré, trouvant des excuses à Louverture et suggérant même à Bonaparte de lui adresser une lettre personnelle, ce qui, pensait-il, achèverait de le rallier à la France (14) . Le plus grave était à venir. Le 4 novembre 1800, en effet, Forfait adressa une lettre sans équivoque à Toussaint-Louverture : « Le roi d'Espagne a fait part au Premier Consul des plaintes que lui ont portées les commandants de la partie espagnole de Saint-Domingue. Le gouvernement français me charge de vous faire connaître qu'il a été convenu entre les deux gouvernements que nous n'entrerions pas en possession de la partie espagnole de Saint-Domingue. L'intention du gouvernement français est donc que vous ayez tous les égards que doivent les agents de la République à ceux d'un prince qui est son plus fidèle allié (15). » L'ordre était clair. « L'agent de la République » ne pouvait s'y soustraire. On envisageait d'ailleurs le renforcement de son entourage. Une petite expédition se préparait, comprenant peu de troupes, mais quelques administrateurs supplémentaires : le préfet colonial Lequoy-Montgiraud pour préparer le statut de Saint-Domingue, le commissaire de justice Deperoux, le contre-amiral Combis pour prendre possession de la partie espagnole et le général Michel pour commander les troupes. Tous ces hommes, sauf Combis, devaient être placés sous les ordres de Toussaint-Louverture promu pour l'occasion « capitaine général de la partie française de Saint-Domingue » par lettre personnelle du Premier Consul signé le 4 mars 1801. Le même jour, Lequoy-Montgirarud reçut ses instructions : « Acquérir de l'influence sur Toussaint-Louverture, ne lui donner aucun ombrage, le guider et diriger ses efforts et son esprit pour le maintien de l'ordre, de la tranquillité et de l'agriculture (16) ».
Le 10 avril 1801, alors qu'ils s'apprêtaient à prendre la mer, Combis et Lequoy-Montgiraud furent informés que leur mission était suspendue. On venait d'apprendre à Paris que, quatre mois plus tôt, Toussaint-Louverture avait envahi et occupé la partie espagnole de Saint-Domingue, après avoir forcé – sous la menace d'un massacre généralisé des blancs – Roume de Saint-Laurent à lui en donner l'autorisation écrite. Puis Roume avait été mis aux arrêts et le nouveau maître de Saint-Domingue avait écrit à Bonaparte : « Quelles que soient les calomnies que mes ennemis aient lancées contre moi en vous écrivant, je m'abstiendrai de toute justification. » Poursuivant son but, Louverture avait annoncé qu'une commission allait travailler sur une constitution pour Saint-Domingue.
Les lettres de Bonaparte et Forfait qui devaient établir la nouvelle organisation de l'île furent annulées et, bientôt, Louverture fut rayé des cadres de l'armée. Le 4 mai, l'amiral Villaret-Joyeuse reçut l'ordre de se tenir prêt à appareiller de Brest en direction des côtes africaines d'abord puis des Antilles, avec mission d'endormir l'attention des généraux noirs avant de s'emparer d'eux et de les expédier vers la France. Environ 7 000 hommes furent mis à sa disposition. Dans le même temps, Forfait envoya un courrier – exempt de reproches – à Louverture, par lequel il demandait la libération de Roume. Celle-ci fut effective le 1er septembre suivant.
Depuis le début de juillet, la « constitution » de Saint-Domingue avait été adoptée : si elle réaffirmait l'appartenance de l'île à « l'empire français », elle faisait la part belle au « capitaine général », nommé gouverneur à vie et assisté d'une assemblée nommée par lui. Louverture chargea Vincent de la porter à Paris afin qu'elle fût ratifiée par les consuls. Son message se voulait rassurant : Saint-Domingue restait dans la sphère française et attachée aux principes de la Révolution (dont l'abolition de l'esclavage). En réalité, Toussaint-Louverture n'avait pas d'autre solution que le double jeu : d'un côté, il restait abolitionniste (dans un environnement qui ne l'était pas) et se proclamait français pour jouir de la position internationale de la métropole ; de l'autre, il demandait à Paris de lui laisser les mains libres.
Le choix de Bonaparte : la manière forte
Les nouvelles des Antilles firent basculer Bonaparte dans le camp des « durs ». La question était désormais passée sur le terrain du respect de son autorité. La perspective de la paix avec l'Angleterre le poussait à croire qu'il pourrait bientôt rétablir l'empire colonial tel qu'il était avant la guerre… et Saint-Domingue y occupait une place primordiale. Une semaine après la signature des préliminaires de pais avec Londres (octobre 1801), Decrès – qui venait de remplacer Forfait au ministère – reçut ses premières instructions concernant les colonies : maintien de la « liberté des nègres » à la Guadeloupe, envoi de renforts au Sénégal et à Maurice, départ de l'amiral Ganteaume pour les Indes afin de « monter le pavillon français ». Quant à Saint-Domingue, la manière forte avait été choisie : 12 000 puis, quelques jours plus tard, 20 000 hommes, sous les ordres du général Leclerc, seraient acheminés vers la Grande Île afin d'en reprendre le contrôle. Leclerc devait rétablir l'autorité de la métropole, conserver le régime d'abolition dans la partie française et l'esclavage dans la partie espagnole. Il devait en outre s'assurer des généraux noirs ou métis et les envoyer en France.
Bonaparte avertit Louverture de l'arrivée de Leclerc, nommé capitaine général de Saint-Domingue. Son courrier flattait le maître de l'île et lui promettait bien des choses pour l'avenir :
« Assistez de vos conseils, de votre influence et de vos talents le capitaine général. Que pouvez-vous désirez ? La liberté des Noirs ? Vous savez que, dans tous les pays où nous avons été, nous l'avons donnée aux peuples qui ne l'avaient pas. De la considération, des honneurs, de la fortune ? Ce n'est pas après les services que vous avez rendus, que vous pouvez rendre dans cette circonstance, avec les sentiments particuliers que nous avons pour vous, que vous devez être incertain sur votre considération, votre fortune et les honneurs qui vous attendent […]. Comptez sans réserve sur notre estime, et conduisez-vous comme doit le faire un des principaux citoyens de la plus grande nation du monde (17). »
Alors que les négociations d'Amiens commençaient, le Premier ministre britannique, Addington, fit savoir qu'il n'avait rien contre une expédition aux Antilles. Il considérait même que le rétablissement de l'ordre dans les colonies faisait partie des intérêts communs des deux nations. Les gouvernements de Paris et de Londres décidèrent donc de se tenir mutuellement informés de ce qui se passait ou se préparait (18). L'Angleterre n'avait pas le choix : ou elle laissait la métropole remettre de l'ordre dans sa colonie, ou la France proclamait partout la liberté des Noirs, s'en servait pour renforcer ses armées avec les nouveaux hommes libres et portait du même coup le désordre dans les possessions britanniques où les revendications des Noirs ne manqueraient pas de s'exprimer. En dépit de l'intervention auprès du Premier Consul d'anciens Amis des Noirs, dont Volney et le colonel Vincent, rentré de Saint-Domingue à la demande de Toussaint-Louverture pour plaider sa cause, l'expédition Leclerc quitta Brest le 14 décembre 1801.
Leclerc ne comptait pas prendre Saint-Domingue à l'abordage. Même si Toussaint-Louverture avait fermé les yeux sur quelques massacres d'Européens et confisqué les plantations, n'avait-t-il pas aussi proclamé sa soumission au gouvernement consulaire et son admiration pour Bonaparte ? Sur le plan militaire d'ailleurs, le beau-frère de Bonaparte n'avait aucun intérêt à rechercher le combat : Louverture disposait de forces supérieures en nombre, avec ses 20 000 hommes de troupes régulières auxquels s'étaient joints autant de volontaires en armes. Leclerc décida donc de diviser ses forces pour qu'elles puissent débarquer pacifiquement en plusieurs points de l'île. Cette stratégie avait l'intérêt d'obliger Louverture à faire face à plusieurs « fronts », au cas où il faudrait se battre. Ces précautions allaient se révéler payantes.
Le 29 janvier 1802, l'expédition venue de la métropole arriva en vue de Cap-Français. Elle fut accueillie à coups de canon. Le général noir Christophe, qui commandait la place, refusa de laisser débarquer les troupes qui durent de gagner la terre ferme dans des conditions inconfortables à l'ouest du grand port. Ce n'est que le 7 février que le nouveau capitaine général put entrer dans Cap-Français incendiée par Christophe avant son repli. Port-au-Prince et Santo Domingo (capitale de la partie espagnole) s'étaient respectivement soumises aux généraux Boudet et Kerversau deux jours plus tôt. Fort-Dauphin était tombé entre les mains du général Rochambeau, le 4. En quelques jours, le corps expéditionnaire s'installa solidement dans la quasi-totalité de Saint-Domingue. Leclerc écrivit à Toussaint-Louverture pour lui demander de venir le rejoindre pour « l'éclairer ». N'obtenant aucune réponse, il mit le général noir « hors la loi », le 17 février 1802. Une semaine plus tard, Rochambeau surprit Louverture à la Ravine-à-Couleuvres, tandis que le fort de la Crête-à-Pierrot tombait entre les mains des Français. Les restes de l'armée louverturienne gagnèrent les montagnes de l'Ouest et s'y retranchèrent. Les insurgés comptaient désormais sur plusieurs facteurs pour venir à bout de Leclerc : la guérilla, la terre brûlée et les ravages que la fièvre jaune commençait à causer dans les rangs des continentaux (environ 2 000 morts dans les trois premiers mois de l'expédition).
Après deux mois de ce régime guerrier usant mais dont chaque affrontement lui était défavorable, Louverture fut obligé de se soumettre, le 6 mai 1802. Comme si rien ne s'était passé, Leclerc accepta que les généraux insurgés reprennent leur ancien commandement, tandis que leur chef se retirerait dans une de ses plantations. Le capitaine général, affaibli par les pertes que lui avaient infligées les maladies et les combats, ne pouvait exiger le désarmement de « l'armée coloniale ». Cependant, s'étant rapproché des officiers noirs, il profita de leurs dissensions pour se débarrasser de Louverture sans provoquer de troubles. Le 7 juin, il le fit arrêter. Transféré sur un vaisseau de la flotte, le prisonnier prit la direction de la France. Il y arriva le 12 juillet. Deux semaines plus tard, un arrêté consulaire le destitua de son grade de général de division et ordonna son internement au fort de Joug, près de Pontarlier. Interrogé par le général Caffarelli, il refusa de reconnaître avoir comploté contre la République et adressa une supplique à Bonaparte. Le Premier Consul ne répondit pas. Mal chauffé, mal nourri, soumis à un régime carcéral sévère, Jean-Dominique Toussaint-Louverture mourut le 7 avril 1803, dans l'indifférence générale (19).
Répression en Guadeloupe
Conquise par les Anglais en mars 1794, la Guadeloupe avait été reprise quelques mois plus tard par les troupes françaises. Après le coup d'État de Brumaire, trois représentants du gouvernement avaient été dépêchés sur l'île. L'administration fut épurée tandis que l'armée coloniale, largement composée d'esclaves et de « libres de couleur », maintenait l'ordre sans difficulté. Les consuls nommèrent de nouveaux administrateurs au printemps 1801 : le contre-amiral Lacrosse devint capitaine général, le conseiller d'État Lescallier préfet colonial et le magistrat Coster commissaire de justice (20). Ils ne surent que mettre le feu aux poudres : non application des lois révolutionnaires, levée d'un impôt forcé, arrestation de personnalités. Le 21 octobre 1801, à l'annonce d'une nouvelle vague d'arrestations, Port-la-Liberté (Pointe-à-Pitre) se souleva. Les cultivateurs et les soldats noirs prirent le contrôle de la ville. Lacrosse fut arrêté et embarqué, avec Lescallier et Coster, pour l'île anglaise de la Dominique. Le général Pélage, un mulâtre originaire de la Martinique, fut élu chef de l'armée.
L'armée de Leclerc avait quitté Brest en direction de Saint-Domingue depuis quelques jours seulement lorsque la nouvelle des troubles en Guadeloupe parvint à Paris. Le 7 janvier 1802, une seconde expédition vers les Antilles fut décidée. Elle serait plus légère : 3 600 soldats suffiraient. On les plaça sous les ordres du général Richepance. Le 5 mai 1801, lorsque l'escadre française arriva en vue de Pointe-à-Pitre, rien n'annonçait une reprise en main difficile. Un peloton d'honneur présenta les armes à Richepance lorsqu'il débarqua et Pélage l'invita à passer en revue l'armée coloniale. Seul le « général » Delgrès et environ 150 déserteurs manquaient à l'appel : ils avaient rejoint Basse-Terre d'où Delgrès appela à la « levée en masse » qui lui permit finalement de disposer d'à peine plus de 1 000 combattants. Richepance décida qu'il fallait réduire cette « rébellion », rembarqua avec ses troupes et se dirigea vers la côte ouest de la Guadeloupe. L'opération militaire fut menée avec une brutalité que même ses lieutenants fustigèrent dans leurs rapports. Du 10 au 28 mai 1802, la bataille fit rage. Au total, Richepance perdit environ 40 % de son effectif, soit au combat, soit de maladie, et dut une partie de son succès au ralliement de Pélage et 600 soldats noirs de l'armée coloniale qui participèrent donc à la répression qui donc, sans que cela diminue sa dureté, ne fut pas une affaire raciale (21). Quant aux insurgés, ceux qui ne périrent pas au combat furent présentés à une commission militaire habilitée à juger les « crimes de la révolte » : elle prononça deux cent cinquante condamnations à mort. Encerclé au Matouba, Delgrès se fit sauter avec environ trois cents de ses compagnons. L'affaire guadeloupéenne n'était pas terminée pour autant. Plusieurs foyers de résistance subsistèrent pendant quelques mois. Une insurrection à Sainte-Anne fut sauvagement réprimée : une centaine d'exécutions capitales pour lesquelles Lacrosse (redevenu capitaine général après la « libération ») remit au goût du jour le supplice de la roue et du bûcher ! Pendant plusieurs mois, des massacres de grande ampleur furent organisés qui firent plusieurs milliers de morts dans la population noire. L'esclavage fut rétabli par simple arrêté du capitaine général et environ 5000 Noirs furent expulsés de l'île pour être placés dans d'autres colonies. Richepance ne saurait porter seul la responsabilité de cet épisode sombre de la politique coloniale de la France consulaire, et pour cause : il mourut des fièvres, le 3 septembre 1802. Le contre-amiral Lacrosse acheva la répression. Bonaparte ne donna aucun ordre de massacre, ni ne sut même ce qui s'était réellement passé. Toutes les mesures terribles mises en oeuvre le furent par des généraux qui, de toute façon, n'auraient jamais pu attendre les ordres de Paris qui auraient mis des mois à leur parvenir. Cela étant, il n'allait pas non plus désavouer ses subordonnés : pour lui, l'opération de la Guadeloupe ressortissait du retour de l'ordre aux colonies.
Le 8 mai 1803, un nouveau capitaine général, Ernouf, fut nommé en Guadeloupe. Il allait parvenir à ramener le calme et la paix civile jusqu'à la prise de l'île par les Anglais, en janvier 1810.
Le rétablissement de l'esclavage
Sur le plan moral, vis-à-vis de l'opinion « éclairée » de son époque, la politique coloniale du Consulat fut marquée par le rétablissement de l'esclavage. Le régime décréta ici un regrettable retour en arrière. Le « lobby colonial » avait réussi à emporter la conviction du Premier Consul et obtenu une série de mesures rétrogrades… dont les événements allaient l'empêcher de profiter. Il n'en demeure pas moins que l'humanisme révolutionnaire ne sortit pas vainqueur de la lutte, plus par indifférence du Premier Consul à l'égard de la « question noire » que par un racisme plus prononcé que celui de la moyenne de ses contemporains. Il est vrai que les défenseurs des idées les plus généreuses étaient les idéologues dont – pour d'autres motifs que leurs sentiments abolitionnistes – le Premier Consul mettait un soin tout particulier à se débarrasser. Leur poids fut nul, tandis que les arguments de la bourgeoise alliée du pouvoir jouèrent à plein, dans l'indifférence quasi générale de l'opinion.
La victoire des héritiers de l'hôtel de Massiac fut consacrée par les quatre articles de la loi du 30 floréal an X (20 mai 1802) (22). Dans les colonies restituées à la France en exécution du traité d'Amiens (soit la Martinique et ses dépendances antillaises) et celles de l'océan Indien, l'esclavage était « maintenu » (sic), conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789. La traite des Noirs et leur « importation dans lesdites colonies » étaient rétablies : disons tout de même que cette mesure fut sans grand effet en raison de la reprise de la guerre avec l'Angleterre ; on estime que 20 000 individus furent victimes de la traite sous le Consulat et l'Empire, à comparer au million d'esclaves transporté au XVIIIe siècle et aux 60 000 autres devant subir le même sort après la chute de Napoléon. Ce dernier finit d'ailleurs par abolir la traite, au moment des Cent-Jours. Ainsi, pendant tout l'épisode, c'est bien l'Angleterre qui eut le monopole de la traite dans le monde (23). On oublie parfois que la flotte de ravitaillement de Nelson à Trafalgar poursuivit son chemin vers l'Afrique afin de se livrer au commerce triangulaire.
La loi stipulait que le régime des colonies était soumis pendant dix ans aux règlements faits par le seul gouvernement, sans intervention du Législatif. Dans ses premiers articles, la loi ne faisait que confirmer une situation de fait que l'abolition de 1794 n'avait pas permis de modifier. On remarquera que l'esclavage n'était pas formellement « rétabli » à Saint-Domingue et en Guadeloupe où le texte de la Convention avait été si bien appliqué qu'il avait abouti, par conquêtes successives, à la mise en place de pouvoirs noirs ou, en tout cas, à l'intégration de nombreux hommes de couleur dans les administrations et l'armée. Cependant, dès juillet 1802, Richepance rétablit l'esclavage en Guadeloupe, ce qui contribua à mettre le feu aux poudres sur l'île. Quant à Saint-Domingue, Bonaparte écrivit à Decrès qu'il ne fallait pas penser y abroger les textes de 1794 « avant quelque temps », ce qui montre que le Premier Consul entendait étendre les principes de la loi du 20 mai 1802 à l'ensemble des colonies françaises.
Le retour à l'Ancien Régime dans les possessions françaises d'outre-mer fut accentué par plusieurs textes postérieurs : maintien des tribunaux « existant avant 1789 » en en changeant la dénomination (loi du 18 juin 1802), remise en vigueur d'un arrêté du conseil de 1783 organisant l'Exclusif (arrêté du 23 juin 1802), interdiction aux gens de couleur de pénétrer sur le territoire de la métropole sans une autorisation expresse (arrêté du 30 juin 1802). Selon une enquête de 1808, il y avait entre 1 500 et 2 000 Noirs en France, la moitié séjournant dans la région de Bordeaux. Aucun d'entre eux n'était esclave, contrairement à ce qui se passait dans les rares colonies conservées par la France.
La fin de l'affaire de Saint-Domingue
L'affaire de Saint-Domingue ne s'acheva pas avec le départ de Toussaint-Louverture. Au début d'août 1802 arriva dans l'île la nouvelle du rétablissement général de l'esclavage dans les colonies. Déjà affolés par les informations venues de Guadeloupe, les Noirs – qui n'avaient pas été désarmés – se révoltèrent. Les anciens lieutenants de Louverture prirent la tête du mouvement. La spirale de violence reprit, au grand désappointement de Leclerc, déprimé par les ravages faits par la maladie dans ses unités, qui écrivait note sur note à Paris pour regretter les décisions prises concernant le sort des noirs. Pour rétablir le calme, il leur avait promis la liberté à plusieurs reprises. On l'obligeait désormais à aller contre ses principes et à revenir sur sa parole. Ses réticences épistolaires ne l'empêchèrent pas néanmoins de conduire la répression. Le beau-frère de Bonaparte ne fut toutefois pas directement à l'origine du pire : atteint à son tour par la fièvre jaune, il succomba, le 2 novembre 1802. Rochambeau lui succéda.
À côté de Rochambeau, « son prédécesseur faisait figure d'ange de bonté (24) ». Il se lança dans la bataille avec une sorte de rage. Tortures, dressage de chiens spécialisés dans la chasse aux Noirs, noyades collectives et exécutions sommaires marquèrent son commandement, sans que la situation militaire s'améliorât. Au contraire, les généraux noirs remportèrent des succès aux conséquences d'autant plus désastreuses que les effectifs des continentaux continuaient à fondre. Bientôt, les Blancs autochtones commencèrent à abandonner le capitaine général dont le zèle allait finir par leur ôter tout espoir de se maintenir à Saint-Domingue. Au printemps de 1803, Rochambeau ne tenait plus qu'une partie de la Grande Île. La reprise de la guerre avec l'Angleterre allait mettre fin à la piteuse aventure de Saint-Domingue, « une grande sottise de ma part », devait dire plus tard l'empereur (25).
Une fois l'Empire proclamé, Napoléon voulut reprendre pied à Saint-Domingue. La métropole conservait encore le contrôle de la partie espagnole et on pensait s'en servir comme base de départ à la reconquête. À ce moment, cependant, la situation sur l'île avait évolué : l'indépendance d'Haïti (nouveau nom de la partie française de Saint-Domingue) avait été proclamée le 1er janvier 1804. Elle était alors gouvernée par le général Jean-Jacques Dessalines qui, le 8 octobre suivant, s'était fait proclamer… empereur, sous le nom de Jacques 1er.
Dessalines était un ancien esclave, né en Afrique vers 1750. Il avait été nommé général par Toussaint-Louverture lors de la première révolte d'Haïti. Il avait aussi pris part à la guerre contre les métis du sud de l'île, en 1800, moment où il avait montré ses qualités militaires autant que sa cruauté en ordonnant ses premiers massacres de prisonniers. Après la soumission de Toussaint-Louverture, il s'était un temps rallié aux Français avant de conduire la deuxième phase de la révolte, contre Leclerc et Rochambeau. Ayant réussi à unifier les différentes factions noires, il avait imposé la capitulation à l'armée française décimée par la maladie, avant de se faire proclamer empereur. Il préparait désormais la conquête de la partie « espagnole » de Saint-Domingue, alors placée sous le commandement du général Ferrand. Avant cela, du 16 au 25 mars 1804, il procéda au massacre des colons qu'a raconté Thomas Madiou, le premier historien d'Haïti :
« À dix heures du soir du 16 mars, l'égorgement commença sur plusieurs points de la ville à la fois. Des pelotons de soldats guidés par des hommes armés de poignards appartenant à la marine, au commerce, à l'administration, pénétrèrent dans les maisons des Blancs et les égorgèrent. Des hurlements affreux remplirent la ville […]. Le massacre continua jusqu'à la pointe du jour. Alors les tueurs se reposèrent. Vers les huit heures, ils recommencèrent le carnage. Les Blancs qui n'avaient pas succombé dans la nuit furent arrêtés, conduits hors de la ville et sacrifiés à la Croix des Martyrs […]. Des enfants armés de sabres assassinaient les Blancs qu'ils rencontraient dans les rues. Ces malheureux, déjà terrifiés, se laissaient tuer sans opposer aucune résistance […]. Le lendemain, le gouverneur Dessalines parcourut la ville dont les galeries étaient teintées de sang [.. ;]. Cependant, [il] accorda la vie à plusieurs Blancs, médecins, chirurgiens, pharmaciens et chapeliers dont on pouvait avoir besoin (26) ».
À la mi 1805, l'offensive de Dessalines sur l'ancienne partie espagnole de Saint-Domingue fut repoussée. Jacques 1er mit dès lors sous l'éteignoir ses rêves de conquête et se tourna vers l'administration de son « empire ». Après avoir organisé le massacre des Blancs, il s'en prit aux métis puis aux petits agriculteurs qu'il ne rendit que rarement propriétaires, préférant les salarier au service de ses amis nantis de plus vastes domaines. Perdant peu à peu le soutien des forces vives d'Haïti, c'est un empereur affaibli qui dut faire face à la révolte des métis du sud, menée par trois anciens fidèles, les généraux Christophe (futur roi), Guérin et Pétion (futur président de la République). Le 17 octobre 1806, la carrière de Jacques 1er s'acheva au combat du Pont-Rouge, lorsqu'il fut tué d'un coup de fusil. La république fut proclamée et Alexandre Pétion fut élu président, poste qu'il allait occuper jusqu'en 1818, faisant face avec bonheur à la sécession de Christophe (devenu le roi Henri 1er) dans le nord et dont le « royaume » allait s'effondrer avec le suicide, le 8 octobre 1820, de ce curieux personnage qui allait tout de même introduire le code civil et l'éducation gratuite dans ses domaines.
Face à Jacques 1er comme face à Pétion, Napoléon ne resta pas inerte. Pour reprendre Saint-Domingue, il tenta de s'appuyer sur les Etats-Unis. Ceux-ci se montrèrent ouverts puisqu'à deux reprises, le Congrès vota des lois interdisant le commerce entre marchands américains et ressortissantes de la partie occidentale de Saint-Domingue. Mais ce blocus fut totalement inefficace. Les marchands américains ne respectèrent pas l'embargo. Pis, ce furent les commerçants anglais qui tirèrent finalement leur épingle du jeu, s'installant sans opposition à Port-au-Prince et d'autres ports du pays. Ce n'est qu'à partir de 1807, lorsque Jefferson instaura l'embargo sur les produits et le commerce de tous les belligérants européens que l'étau finit par se resserrer.
Quant aux opérations militaires au départ de la partie orientale, elles s'avérèrent impossible aux Français, faute d'effectifs suffisants. Installé à Santo-Domingo, le général Ferrand ne disposait que de 2 000 hommes environ, fort occupés au demeurant à tenir le pays dont ils voulaient rassurer la population blanche, presque exclusivement de souche espagnole. Le général tenta bien de faire venir des renforts de Cuba ou de Floride (où de nombreux vaincus de 1803 s'étaient repliés), mais il dut convenir que l'opération ne serait d'aucun rapport en termes d'effectifs ou de capacité opérationnelle. Il perdit presque tout espoir lorsque l'amiral anglais Duckworth détruisit l'escadre de secours française de Lessiègues (trois vaisseaux sur cinq envoyés par le fond et seulement 500 soldats débarqués), en rade de Santo-Domingo, le 6 février 1806. Enfin, les opérations clandestines qu'il fomenta –dont un projet d'enlèvement de Jacques 1er- ne donnèrent pas plus de résultat.
L'autorité de Ferrand se réduisit comme une peau de chagrin à partir de l'arrivée de la nouvelle du renversement des Bourbons de Madrid et de leur remplacement par Joseph Bonaparte. La population espagnole se souleva. C'est en tentant de mater une de ces émeutes que Ferrand trouva la mort, le 8 novembre 1808. Le général Barquier lui succéda et constata que, faute de renforts, il ne pourrait rien faire de mieux que son prédécesseur. Il s'enferma dans Santo-Domingo, abandonnant le terrain aux révoltés espagnols et aux envahisseurs noirs venus de la partie occidentale. Il dut capituler, le 7 juillet 1809. « Cette brave garnison s'est défendue bien des années, et si l'on y avait envoyé un vaisseau, deux frégates et six cents hommes, on aurait sauvé cette importante colonie », devrait regretter (mais un peu tard) Napoléon (27). Il voyait juste : la chute de Santo-Domingo, comme la perte d'Haïti, étaient imputables à la faiblesse des moyens maritimes de l'Empire.
Ainsi, le bilan colonial du Consulat aux Antilles fut rien moins que catastrophique. Il constitue un retour en arrière sur le plan territorial comme du point de vue moral. À la fin du Consulat, la France avait moins de colonies qu'en 1799 et elle avait renoncé aux principes généraux initiés par la Convention, rentrant dans le rang des nations esclavagistes ordinaires. À ces deux échecs s'ajoute un désastre humain : les inutiles – eu égard à leur résultat – campagnes coloniales firent plusieurs dizaines de milliers de victimes, dans les combats, les massacres perpétrés de part et d'autre ou tuées par la maladie. Quant à Haïti, elle avait commencé à conquérir son indépendance, parachevée sous l'Empire, mais malheureusement marquée par une confusion des méthodes et des objectifs, situation qui s'est à bien des égards perpétuée depuis. Malheur regrettable mais, hélas, permanent dans l'histoire de la libération des peuples.
Ce texte fait partie des Etudes publiées dans le volume 3 (1800-1802) de la Correspondance générale de Napoléon Bonaparte, (sortie en avril 2006) éditée par la Fondation Napoléon et les éditions Fayard.
Publication sur napoleon.org avec l'aimable autorisation des éditions Fayard.
Auteur : LENTZ Thierry
(1) Nous avons consacré un chapitre entier à « l'échec colonial » dans Le Grand Consulat (1799-1804), 1999, p. 479-503, et un autre dans la Nouvelle histoire du Premier Empire. II. L'effondrement du système napoléonien, 2004, p. 135-164.
(2) Voir Y. Benot, La Révolution française et la fin des colonies, 1988, et, pour l'environnement idéologique, l'article de J. Tarrade, « Colonialisme », Dictionnaire européen des Lumières, 1997, pp. 235-236 ; de J.-M. Deveau, « Colonies », Dictionnaire de l'Ancien Régime, 1996, pp. 286-288 ; de M. Dorigny, « Colonies », Dictionnaire historique de la Révolution française, 1989, pp. 249-251.
(3) Voir L. Leclerc, « La politique et l'influence du Club Massiac », Annales historiques de la Révolution Française, 1937, pp. 342-363.
(4) Y. Benot, « La chaîne des insurrections d'esclavages dans les Caraïbes de 1789 à 1791 », L'Abolition de l'esclavage, de L.F. Sonthonax à V. Schoelcher, 1995, pp. 179-186.
(5) F. Gauthier, « Le rôle de la députation de Saint-Domingue dans l'abolition de l'esclavage », L'Abolition de l'esclavage, de L.F. Sonthonax à V. Schoelcher, pp. 199-211.
(6) Sur l'oeuvre de Sonthonax, voir M. Dorigny (dir.), Léger Félicité Sonthonax. La première abolition de l'esclavage, 1997.
(7) En mars 1792, à l'inverse, le Danemark avait aboli la traite (avec effet de la mesure en 1802) sans se prononcer sur l'esclavage qui subsistait donc dans les quelques possessions danoises outre-mer.
(8) Sur Jean-Dominique Toussaint-Louverture, voir deux ouvrages aux titres et aux positions contradictoires : P. Pluchon, Toussaint-Louverture. Un révolutionnaire noir d'Ancien Régime, 1989 (plutôt réservé sur le personnage) et C.L.R. James, Les Jacobins noirs. Toussaint-Louverture et la révolution de Saint-Domingue, rééd. 1983 (très favorable). On peut aussi consulter, pour la beauté de la pensée et du propos, la biographie de Toussaint-Louverture par Victor Schoelcher, opportunément rééditée en 1983 aux Editions Karthala.
(9) Aux citoyens de Saint-Domingue, 4 nivôse an VIII (25 décembre 1799), Correspondance de Napoléon 1er publiée par ordre de l'Empereur Napoléon III (ci-après : Correspondance), n° 4455.
(10) Roederer, Œuvres, 1856, t.III, p.334.
(11) Nous confessons utiliser ici le mot « lobby », qui nous paraît commode et évocateur, alors même qu'il n'existait pas encore pour désigner un « réseau d'influence » ou un groupe de pression (il date du milieu du XIXe siècle).
(12) Le discours de réception de Talleyrand à l'Institut avait été consacré aux avantages à retirer des colonies.
(13) Expression tirée d'un rapport du ministre de la Marine et des Colonies, cité par Y. Benot, La Démence coloniale sous Napoléon, 1992, p. 33. Comme M. Benot, nous pensons qu'il n'est nul besoin de disserter ici sur le rôle joué par Joséphine. Nous ne croyons guère à la légende qui veut qu'elle soit intervenue en faveur d'une reprise en main des colonies. Certes, elle présenta de nombreux colons à son époux et se préoccupa du sort de sa mère, restée à la Martinique. Mais elle n'eut pas besoin de persuader Bonaparte d'adopter des solutions que ses propres analyses lui dictaient. Aucun document – autre que quelques placets pour des individus connus aux Antilles – ne vient corroborer le rôle que l'on prête parfois ici à Joséphine. « L'entourage créole » dont on parle à propos de la politique coloniale de Bonaparte ne fut qu'une toile de fond sur laquelle s'inscrivirent les prises de position, autrement décisives, d'hommes influents tels Forfait, Barbé-Marbois, Cambacérès ou Talleyrand.
(14) Y. Benot, La Démence coloniale sous Napoléon, p. 23.
(15) Lettre du 13 brumaire an IX (4 novembre 1800), Correspondance, n° 5160.
(16) Instructions au préfet colonial, 13 ventôse an IX (4 mars 1801), Correspondance, n° 5440.
(17) Lettre du 27 brumaire an X (18 novembre 1801), ibid., n° 5867.
(18) Sur les discussions entre gouvernements avant la signature de la paix d'Amiens, voir Y. Benot, La Démence coloniale sous Napoléon, pp. 59 et suivantes.
(19) Les restes de Toussaint-Louverture ont été rendus à Haïti en 1983. Au Bénin, son pays d'origine, un buste de lui, offert par la France, a été érigé en 1989, non loin du village natal de son grand-père.
(20) J. Adélaïde-Merlande, Delgrès. La Guadeloupe en 1802, 1986, p. 13 (cet ouvrage raconte en détail les événements de Guadeloupe, de 1800 à 1802).
(21) Pour seule récompense, ces soldats furent ensuite arrêtés, emmenés dans divers ports et, selon un rapport du général Ménard, vendus comme esclaves. Quant à Pélage, il fut interné en France pendant près d'un an avant d'être libéré et rétabli dans son grade (Y. Benot, La Démence coloniale sous Napoléon, p. 72).
(22) Voir J.-M. Champion, « 30 floréal an X : le rétablissement de l'esclavage par Bonaparte », l'Abolition de l'esclavage, de L.F. Sonthonax à V. Schoelcher, pp. 265-271.
(23) Voir E. Saugera, La traite des Noirs en 30 questions ; Olivier Pétré-Grenouilleau, Les traites négrières. Essai d'histoire globale, etc.
(24) Y. Benot, La Démence coloniale sous Napoléon, p. 83.
(25) G. Gourgaud, Journal de Sainte-Hélène, 1947, t. I, p. 278.
(26) T. Madiou, Histoire d'Haïti, Port-au-Prince, éditions Henri Deschamps, 1989, t. III, pp. 165-170.
(27) Lettre à Decrès, 15 septembre 1809, Correspondance, n° 15280.
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Haïti Historique 1492 – 1915
Au moment de l'arrivée européenne sur cette île, Haïti était principalement peuplée par des migrants arawaks débarqués de l'Amazonie sud-américaine (bassins de l'Orénoque et du Rio Negro-Venezuela) vers la fin du 1er millénaire de notre ère.
Cette civilisation agricole sédentarisée qui, à Puerto Rico, Haïti et dans l'Est de Cuba, avait atteint un niveau de culture assez avancé, se distingue par un ensemble bien défini d'éléments linguistiques, religieux, artistiques, économiques et politiques, connu sous le terme "classique" Taïno (Chican-Ostinoide). Son centre le plus évolué sur l'île d'Haiti se trouvait situé dans la province fortement peuplée du Xaragua.

Prolongeant et remplaçant des établissements humains qui remontaient à quatre millénaires avant notre ère (successivement lithique, archaique, ostinoïde et meillacoide), la population Taïno d'Española, forte d'environ un million d'habitants, a été décimée en quinze ans.
De la "découverte" au début du XVIème siècle, l'île d'Hayti est occupée par les Espagnols qui, progressivement s'implantent à l'Est du territoire, alors que les Français, dont la présence est reconnue officiellement par le Traité de Ryswick en 1697, s'installent à l'Ouest de l'île. Ce traité, entre l'Espagne et la France, révisé en 1777 par celui d'Araniuez, délimite la première frontière qui partage l'île en deux parties: espagnole (Hispañola) et française (Saint-Domingue).
Par le traité de Bâle en juillet 1795, l'Espagne cède la partie orientale de l'île à la France. En janvier 1801, Toussaint Louverture, conformément a ce traité, occupe, au nom de la France, la partie Est qui restera sous son autorité jusqu'à l'arrivée de l'expédition Leclerc.
Par le traité de Paris de 1814, la France rétrocède à l'Espagne l'ancienne partie espagnole, amputée des territoires occupés en 1809 par Henri Christophe.
De 1822 à 1844, avec la fusion des deux peuples de l'île, Haïti n'a plus de frontières. Elles sont rétablies à la création de la République Dominicaine en 1844, telles qu'elles existaient en 1822.
Les tentatives de réoccupation de Rivière Hérard, de Pierrot et de Soulouque n'apportent aucune modification à cette situation. Le tracé des frontières demeure imprécis, favorisant des incursions de citoyens haïtiens en territoire dominicain. Ce n'est qu'en 1929, par le traité conclu entre la République d'Haïti et la République Dominicaine, et rectifié par celui de 1935, que le tracé de la ligne frontière haïtiano-dominicaine se trouvera définitivement fixé.
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1 MÔLE SAINT NICOLAS
1492 (6 décembre) Christophe Colomb découvre l'île "Hayti" et passe la nuit dans la baie qu'il nomme "St Nicolas".
1764 Installation au Môle Saint-Nicolas de ses premiers habitants, les Acadiens, qui fuyaient la proscription anglaise. Français et Anglais y établissent successivement d'importantes fortifications à la fin du XVIIIe siècle, le Môle est alors le théâtre de luttes incessantes entre ces deux puissances pour le contrôle de Saint-Domingue.
1791 C'est dans la rade du Môle que les 300 esclaves, surnommés "Suisses", qui avaient pris les armes avec les affranchis de l'Ouest furent égorgés et jetés à la mer.
1799 Toussaint Louverture rentre au Môle pour mater la ville gagnée à la cause de Rigaud.
1810 (10 juillet) Mort du général Lamarre, héros de la guerre de l'Indépendance, au cours de la lutte opposant la République du Sud au Royaume du Nord.
1887 Le gouvernement du président Salomon signe un contrat avec le comte d'Ockza pour l'établissement d'un câble sous-marin permettant les communications avec l'Europe et l'Amérique.
2 BAIE DES MOUSTIQUES
1492 (7 décembre) Christophe Colomb mouille dans cette baie et la baptise Port de la Conception.
1492 (9 décembre) La région rappelle à l'Amiral les plaines de Castille: il choisit pour l'île le nom d'Hispañola.
1492 (12 décembre) Colomb consacre l'île à Dieu et à leurs altesses. Sur une éminence à l'entrée ouest de la baie, il plante la "croix du Sauveur".
3 ILE DE LA TORTUE
1492 (6 décembre) Christophe Colomb navigue au large d'une île au nord de la grande terre qu'il désigne du nom d'Ile de la Tortue en raison de son profil.
1630 Arrivée des premiers boucaniers.
1641 François Levasseur, gouverneur de l'Ile de la Tortue par droit de conquête.
Arrivée des premiers engagés. On désignait sous ce vocable les européens qui vendaient leur travail à un patron pour une durée de trente six mois.
1651 Louis XIV signe la concession de plusieurs îles dont l'île de la Tortue à l'ordre Hospitalier de Saint Jean de Jérusalem ou Ordre de Malte. Louis d'Ache chevalier de Fontenay est nommé gouverneur.
1656 Nomination de Du Rausset, premier gouverneur de l'île de la Tortue par commission royale.
1664 Louis XIV nomme Bertrand d'Ogeron gouverneur de La Tortue. Le siège du gouvernement restera sur l'île jusqu'à sa mort en 1676.
1697 Le Traité de Ryswick établit la souveraineté définitive de la France sur la partie occidentale de l'île d'Hispañola.
1802 L'île est un lieu de villégiature. Les Français s'y réfugient pour échapper à la fièvre jaune. La dépouille de Leclerc y est transportée pour être rapatriée en France.
4 PORT DE PAIX
1492 (16 décembre) Christophe Colomb explore cette région et la baptise "Vallée des délices" (Val Paraiso). Il désigne sous le nom de Puerto Paix le site de la ville actuelle.
1676 Le siège du gouvernement est transféré de l'Ile de la Tortue à Port de Paix qui devient la première capitale française de la grande île. Première révolte des marrons dirigée par Padre Jean.
1766 Naissance à l'habitation Delaunay, non loin de Port de Paix, du général Cappoix, héros de la guerre de l'Indépendance.
1794 Toussaint signe un traité avec le gouverneur Laveaux. Abandonnant l'Espagne, il se rallie à la République française avec ses 5000 hommes de troupe.
1802 (17 octobre) Cappoix extermine les Européens à Port de Paix et se montre si impitoyable qu'il y gagna son surnom de Cappoix la Mort.
Pendant le règne de Christophe, Port de Paix est une ville rebelle. Elle s'oppose au monarque sous le commandement de Rébécca, officier que le roi Christophe avait dégradé et qu'il décapite en 1807, mettant fin à la résistance de la ville.
5 BAIE DE L'ACUL
1492 (21 décembre) Jour de Saint Thomas. Christophe Colomb pénètre dans une baie magnifique qu'il baptise Port Saint Thomas.
1492 (22 décembre) Première rencontre entre Colomb et Guacanagaric, cacique du Marien.
La baie gardera jusqu'en 1740 son nom de Port Camp Louise donné par les français.
1740 Elle prend le nom de Baie de l'Acul.
6 CAP HAÏTIEN
1492 (24 décembre) Christophe Colomb traverse la baie du Cap-Haïtien et longe les rives du Marien, le caciquat de Guacanagaric.
Les Espagnols désignent sous le nom de Guarico le site où sera bâtie la ville du Cap.
1670 Les flibustiers français venus de La Tortue sous le gouvernement de Bertrand d'Ogeron, s'établissent au Haut du Cap.
1711 Fondation de la ville du Cap-Français par décret royal . Elle deviendra la plus prospère de la colonie.
1743 Naissance de Toussaint Louverture sur l'habitation Bréda non loin du Cap-Français.
1758 Naissance de Dessalines sur l'habitation Cormier près du Cap.
1758 (20 janvier) Makandal est brûlé vif sur la place d'armes du Cap.
1774 L'église paroissiale du Cap-Français est achevée.
1791 (25 février) Vincent Ogé et Jean-Baptiste Chavannes, chefs du mouvement de revendication des affranchis et leurs compagnons meurent roués sur la place du Cap-Français.
1791 (22 août) La grande révolte des esclaves éclate dans la région du Cap Français.
1793 (29 août) Proclamation de l'affranchissement des esclaves du Nord par Sonthonax.
1802 (janvier) Arrivée dans la baie du Cap-Français des vaisseaux de guerre de l'expédition Leclerc. La ville est incendiée par Henri Christophe, commandant du Cap-Français.
1802 (7 juin) Toussaint Louverture est embarqué sur le vaisseau "Le Héros" et déporté au Fort de Joux dans le Jura où il meurt.
1802 (2 novembre) Le général Leclerc succombe à la fièvre jaune. Il est enterré au Panthéon à Paris.
1803 (18 novembre) Les troupes françaises subissent une cuisante défaite à la bataille de Vertières qui met fin à la colonie française de Saint Domingue.
1804 Proclamation de l'Indépendance aux Gonaïves, le Cap Français devient Cap Haïtien.
1804 (8 octobre) Couronnement de Dessalines, premier empereur d'Haïti.
1811 (2 juin) Couronnement du Roi Christophe sous le nom d'Henry 1er en l'église paroissiale du Cap Haïtien. Le Cap Haïtien devient Cap Henry, nom qu'elle gardera jusqu'à la mort du roi Christophe.
1820 Boyer lui redonne son nom de Cap Haïtien.
1840 Naissance du poète Oswald Durand, un des plus grands poètes de la littérature haïtienne du XIXe siècle.
1842 Un tremblement de terre détruit presque toute la ville. Les deux tiers de ses habitant périssent sous les décombres.
1843 Le Cap Haïtien est décrété par le président Pierrot, capitale d'Haïti. Durée éphémère.
1867 Soulèvement populaire dirigé par le Général Sylvain Salnave contre le gouvernement Geffrard. Il devait durer près de sept mois. La tombe de Salnave jusqu'à l'occupation américaine de 1915 se trouvait sur la place d'Armes du Cap en face de la statue de Jean Jacques Dessalines.
1891 (20 juillet) Philomé Obin, le peintre le plus célèbre de "I'Ecole du Nord", naquit, vécut et mourut au Cap Haïtien.
1893 Premier voyage du poète et homme politique cubain José Marti en Haïti.
La ville du Cap pour la première fois est éclairée par des lampes au kérosène. Un phare et un réseau hydraulique sont installés.
1895 Fondation de l'école libre de Droit du Cap-Haïtien par l'écrivain Tertulien Guilbaud.
1896 Achèvement officiel du pont Hyppolite et inauguration du premier marché couvert.
1898 Fondation de l'école Sainte Marie par Edmond Etienne devenue plus tard, le collège Notre-Dame.
1899 Démarrage des travaux pour la construction d'un important réseau ferroviaire devant relier la ville du Cap à plusieurs autres localités du Nord.
7 BORD DE MER LIMONADE
1492 (25 décembre) La Santa Maria échoue dans la baie du Cap. Le fort Navidad, première implantation européenne dans le Nouveau Monde est érigé avec les restes de la nef amirale, près du lieu connu de nos jours sous le nom de Bord de Mer Limonade.
1493 (4 janvier) Colomb reprend la mer pour l'Europe.
1503 Rodrigo de Mexia, I'un des lieutenants du gouverneur espagnol Nicolas Ovando, fonde la ville de Puerto Réal.
1578 La ville est incendiée puis abandonnée. Elle sera redécouverte en 1975 par William Hodges.
1787 Moreau de Saint-Méry, historien et géographe français, explore des vestiges connus sous le nom de "château Colomb". Il croit découvrir les restes du fort de la Navidad. Il s'agit en réalité des ruines de Puerto Réal. Le site fut successivement occupé par les indiens, les Espagnols et les Français.
8 LIMONADE
1707 (26 juillet) Consécration de la première église de Limonade à Sainte Anne.
1806 (19 octobre) Cappoix la Mort périt dans une embuscade à l'entrée de Limonade.
1820 (15 août) Au cours des offices de l'Assomption à l'église de Limonade, le roi Christophe s'écroule, frappé d'apoplexie.
Natifs célèbres de la ville: Chabanon du Maugris de l'Académie française, le général Prévost, lieutenant-général des armées, secrétaire d'Etat, ministre des Affaires Etrangères du roi Christophe, comte de Limonade.
9 FORT LIBERTÉ
1578 Fondation de la ville espagnole de Bayaha après l'abandon de Puerto Réal.
1725 Fondation de la ville française qui garde son nom espagnol de Bayaha.
1731 La ville change de nom pour s'appeler Fort Dauphin.
1792 Sous la République française, la ville prend le nom de Fort Liberté.
1803 (28 novembre) Proclamation de l'Indépendance. Le texte signé par Dessalines, Christophe et Clerveaux sera publié le 4 janvier 1804 dans la gazette de Philadelphie.
1811 (26 mars) Au cours d'une réception à Fort Liberté, Christophe se fait nommer roi sous le nom de Henry 1er. La ville prend le nom de Fort Royal, dénomination qu'elle gardera toute la durée du royaume.
Autour de la baie de Fort Liberté on peut encore admirer les vestiges d'un système défensif colonial très élaboré: Fort Labouque, Batterie de l'Anse, Fort Saint Charles, Fort Saint Frédérique et Fort Dauphin (également appelé Fort Saint Joseph ou Fort Liberté) - Ile Bayau, lieu de prédilection des flibustiers.
Zone d'influence privilégiée des cacos de 1870 à l'Occupation américaine en 1915.
10 RIVIERE DU MASSACRE
Les Indiens désignaient cette rivière du nom de Guatapana.
1728 Des colons espagnols massacrent 30 boucaniers français qui tentaient de franchir la frontière chargés de butin. Depuis lors, la rivière Guatapana porte le nom de Massacre.
11 MILOT
1806 Henry Christophe choisit cette bourgade située à 25 Km du Cap Henry (Ancien Cap Français, qui deviendra le Cap Haïtien) pour en faire sa capitale administrative. Il construisit le Palais de Sans Souci et ses dépendances et, proche de Milot, sur la chaîne du Bonnet à l'Evêque, la Citadelle et le site fortifié des Ramiers qu'englobent aujourd'hui les limites du Parc national Historique. Le roi se suicida dans son Palais le 8 octobre 1820. Depuis 1982, l'ensemble monumental et le Parc sont classés par l'UNESCO Patrimoine Mondial.
1842 Violent tremblement de terre qui endommage gravement le Palais de Sans Souci et la Citadelle.
12 DONDON
Aux environs du Dondon se trouve un sanctuaire précolombien appelé Voûte à Minguet. Les caciques et leurs sujets s'y réunissaient chaque année pour rendre hommage à leurs dieux.
1776 (28 octobre) Naissance du général Gabart, compagnon et arni de Dessalines, héros de la bataille de la Butte Charrier (Vertières).
1803 L'abbé de la Haye, confesseur et ami de Jean-François et de Biassou, curé du Dondon, est noyé dans la rade du Cap sur l'ordre de Rochambeau.
1804 Mort de Clerveaux, signataire de l'Acte de l'Indépendance. Dondon est la ville natale de Vincent Ogé.
13 HINCHE
1790 (20 novembre) Capture de Vincent Ogé et de ses 23 compagnons.
1844 Hinche est rattachée à la République d'Haïti lors de la fondation de la République Dominicaine.
1886 Naissance de Charlemagne Péralte, héros de la résistance contre l'occupation américaine. Haut lieu de la résistance contre l'occupant américain de 1915 à 1919.
14 LIMBÉ
1715 Fondation de la ville, consacrée par l'inauguration d'une chapelle dédiée à Saint Pierre.
La région du Limbé, très fertile, abrite d'importantes habitations coloniales dont l'habitation Dufresne où fut arrêté le célèbre marron Makandal.
1824 Le Président Boyer y fait établir une colonie de cultivateurs Noirs américains.
Lamartine évoque le Limbé dans son poème à Toussaint Louverture: "O mornes du Limbé, vallons, anses profondes".
1902 Au cours de la guerre civile, le Limbé est un bastion du Firminisme.
15 PLAISANCE
1802 Plaisance est le foyer d'insurrections dirigées par le marron Sylla.
1802 (7 août) Rencontre historique entre Dessalines et Pétion, au cours de laquelle, un pacte scelle l'union sacrée entre les nouveaux libres et les hommes de couleur. C'est ce pacte qui conduira à l'Indépendance d'Haïti.
16 ENNERY
1776 Fondation de la ville qui porte le nom d'un célèbre gouverneur de Saint Domingue, le comte d'Ennery.
1802 (février) Isaac et Placide, les deux fils de Toussaint Louverture, arrivés avec l'expédition Leclerc, rejoignent leur pére à Ennery, munis d'une lettre de Bonaparte pour négocier sa soumission.
17 GONAÏVES
La ville tire son nom du vocable indien Gonaubo qui désignait une localité du caciquat de la Maguana.
1802 (février) Bataille de la Ravine à Couleuvre aux environs des Gonaives. Cette bataille illustre marque la première confrontation entre l'armée de Toussaint Louverture et les troupes de Rochambeau.
1804 (ler janvier) Proclamation de l'Indépendance d'Haïti par Dessalines sur la place d'armes des Gonaïves.
1902 (6 septembre) L'amiral firministe Hammerton Killick, pour ne pas livrer son aviso "La Crête à Pierrot" au "Panthef', canonnière allemande, le fait sauter et sombre avec lui dans la rade des Gonaïves.
1904 (1er janvier) Commémoration grandiose par Nord Alexis du premier centenaire de l'indépendance nationale.
Gonaïves est la ville natale de J. B. Damier, ministre de l'Instruction Publique sous Geffrard.
18 MARCHAND DESSALINES
Il reste peu de vestiges de l'époque où la ville fut créée par Dessalines et qui devint la première capitale d'Haïti. Elle est défendue par cinq forts construits par Dessalines sur les crêtes dominant la ville: forts Doco, Culbuté, La Source, Innocent et Fin du Monde. On y voit encore les vestiges des résidences de l'impératrice et de Charlotin Marcadieu.
1804 (22 septembre) Dessalines est proclamé empereur par son état major sous le nom de Jacques 1er.
1805 (20 mai) Publication de la Constitution Impériale.
Lamour Dérance, marron qui avait pris les armes contre Leclerc, y meurt en prison.
19 PETITE RIVIÈRE DE L'ARTIBONITE
1802 (4 au 24 mars) Bataille de la Crète à Pierrot. Le fort de la Crète à Pierrot est le théâtre d'une des batailles les plus glorieuses de la guerre de l'Indépendance. Un millier de soldats de l'armée indigène y subissent un siège de vingt jours face à l'armée expéditionnaire de Leclerc.
Le roi Henri Christophe construit le Palais aux 365 Portes dans cette ville.
20 SAINT MARC
1716 Une chapelle consacrée à Saint Marc est inaugurée sur le site de la ville actuelle.
Saint Marc devient par la suite une ville coloniale prospère, et le deuxième port de Saint Domingue.
1779 Départ des volontaires de Saint Domingue pour assister le peuple des Etats Unis dans sa lutte pour l'Indépendance. Henri Christophe agé de 12 ans faisait partie du corps expéditionnaire.
1790 (25 mars) Création de l'Assemblée de Saint Marc. 212 députés élus par les blancs des paroisses de Saint Domingue se constituent en Assemblée Générale de la partie française de Saint Domingue et manifestent leur adhésion à la Révolution, contre le pouvoir royal.
1802 (24 février) Dessalines incendie Saint Marc, fait enlever les pierres de taille des ruines de la ville pour construire Marchand dont il fait en 1804 sa capitale sous le nom de Dessalines.
1805 (30 octobre) Le général Gabart, héros de la guerre de l'Indépendance, mort à 29 ans, est enterré à Saint Marc. Les présidents Philippe Guerrier et Nissage Saget y reposent.
21 ARCAHAIE
L'Arcahaie, ville frontière entre le Royaume d'Henry 1er et la République de l'Ouest et du Sud, tire son nom de la province Taïno de Cayaha dépendant du caciquat de Xaragua.
1803 (18 mai) Congrès de l'Arcahaie sous la présidence de Dessalines, au cours duquel aurait été créé le drapeau haïtien bleu et rouge. L'impératrice Adélina, femme de l'empereur Faustin 1er, est née à I'Arcahaie sur l'habitation Manègue.
22 ILE DE LA GONÂVE
1502 Les survivants du massacre de la cour de la reine Anacaona se réfugient sur l'île de la Gonâve. Ils appellent cette île Guanabo ou Guanarana (corossol).
La Gonave est considérée par de nombreuses personnalités étrangères du monde culturel qui l'ont visitée, comme une richesse v inexploitée.
23 PORT AU PRINCE
Suivant une tradition rapportée par Charlevoix, le nom de Port-auPrince vient du vaisseau "Le Prince" qui mouilla dans ce port en 1706.
1749 (7 juin) Fondation de la ville par ordonnance du gouverneur de la colonie. Son premier site est l'habitation Randot qui s'étendait du Bel Air à l'actuelle rue Pavée.
Port Au Prince est proclamée par Louis XV, capitale de Saint Domingue.
1793 Port-au-Prince devient Port-Républicain pendant la Révolution Française.
1798 Rencontre historique entre Toussaint Louverture et André Rigaud.
1799 (21 juin) Célèbre discours de Toussaint Louverture prononcé du haut de la chaire de l'église paroissiale de Port au Prince. Ce discours déclenchera la terrible guerre du Sud.
1802 La ville est occupée par la division Boudet (française), malgré la vigoureuse opposition de Lamartinière.
1803 (septembre) Dessalines assiège Port-au-Prince.
1803 (10 octobre) L'armée indigène est victorieuse. Les généraux français Lavalette et Lux, vaincus s'embarquent pour la France.
1804 A la proclamation de l'Indépendance, le Port Républicain redevient Port au Prince.
1804 (16 mars) Dessalines ordonne le massacre des Français.
1806 (17 octobre) Assassinat de Dessalines au Pont Rouge, à l'entrée Nord de la ville. Il était âgé de 48 ans.
1812 (25 mars) Deuxième siège de Port-au-Prince par Christophe à la tête d'une armée de 25,000 hommes. Le général Magny, commandant de l'avant garde du Roi, fit défection avec ses troupes ce qui força Christophe à lever le siège de la ville.
1818 (29 mars) Alexandre Pétion, président de la partie sud d'Haïti, meurt des suites d'une fièvre maligne. Il était âgé de 48 ans. Son coeur est enterré au Fort National.
1849 Proclamation de l'Empire d'Haiti au bénéfice de Faustin Soulouque.
1859 Abolition de l'Empire et rétablissement de la République.
1860 Apparition de l'architecture de fer qui connaîtra son plein épanouissement sous Hyppolite.
1890 Apparition du style gingerbread.
1915 (28 juillet) Débarquement américain. Le pays restera occupé jusqu'en 1934.
Le lieu-dit Portail Saint Joseph, à l'entrée Nord de la ville, voit à travers l'histoire passer plusieurs invasions militaires, toutes destinées à conquérir le pouvoir: 1869, les troupes qui renversèrent Sylvain Salnave, 1888, celles dirigées par Séide Télémaque pour tenter de prendre le pouvoir après la chute de Salomon, 1889, Florvil Hippolyte à la tête de l'armée du Nord,1902, les troupes du général Nord Alexis, les hordes de cacos, venues installer leurs présidents (Cincinnatus Leconte, 1911,Oreste Zamor, 1914, Davilmar Théodore, 1914, Vilbrun Guillaume Sam,1915)...
La ville ayant subi de nombreux tremblements de terre et incendies porte peu de traces de son passé. Citons cependant: le fort National construit par les Anglais en 1794/1796, le mausolée du comte d'Ennery à l'ancien cimetière Sainte-Anne et la Terrasse de l'Intendance qui fait face à la nouvelle cathédrale.
Natifs célèbres de la ville: Alexandre Pétion (2 mars 1770), Jean Pierre Boyer (15 février 1773) Nissage Saget (6 janvier 1800) Louis Borno, présidents de la République. Coriolan Ardouin (1812) historien, Jean-Pierre Boyer Bazelais, homme politique, Thomas Madiou (1814), historien, Frédéric Marcelin (1848) romancier et essayiste, Massillon Coicou, poète et dramaturge, Justin Lhérisson (1873) auteur des paroles de l'hymne national d'Haïti, la Desssalinienne.
24 PÉTIONVILLE
1831 Le président Boyer fonde cette ville en l'honneur de Pétion ancien président de la République d'Haïti, dans les hauteurs de l'habitation La Coupe. Cette ville, protégée par les forts Jacques et Alexandre, était destinée à être la capitale d'Haïti.
Pétionville fut le lieu de résidence entre autres, de Boisrond Canal, président en retraite et de Léon Laleau, diplomate, journaliste, écrivain, couronné Prince des Poètes.
25 CROIX DES BOUQUETS
1710 Dès cette date, se développe dans la plaine du Cul de Sac, sous la direction du chef marron Michel un foyer de marronnage très actif.
1749 Fondation de la petite ville de la Croix des Bouquets dans la plaine du Cul de Sac.
1790 Les hommes de couleur, sous la conduite de Pinchinat, Beauvais et Lambert, partent, les armes à la main, à la conquête de leurs droits civils et politiques.
1792 (30-31 mars) 1500 esclaves insurgés, sous la direction du marron Yacinthe, s'emparent du bourg de la Croix des Bouquets.
1794 (9 février) Mort au combat du célèbre marron Halaou.
26 LÉOGÂNE
1502 Capitale du caciquat du Xaragua, Yaguana, la ville d'Anacaona, samba et souveraine, est le théâtre d'un des épisodes les plus tristes de la colonisation espagnole dans le Nouveau Monde: la capture de la reine et le massacre de ses sujets par Nicolas Ovando.
Jusqu'a la fondation de Port-au-Prince en 1749, Léogâne et Petit Goâve se disputent le titre de capitale de Saint-Domingue.
1792 Le chef marron, Romaine la Prophétesse, séme la terreur dans la plaine de Léogâne jusqu'à sa mort en 1795.
1915 Charlemagne Péralte y est commandant d'arrondissement. Il refuse de livrer la ville aux troupes américaines, ce qui marque le début de sa résistance à l'occupation.
Léogane est la ville natale d'Inginac, secrétaire de Dessalines, du général Bonnet, signataire de l'Acte de l'indépendance, des généraux Gédéon, Cangé et Marion, du poète Ignace Nau, de Larnartinière, héros de la Crète à Pierrot, de Marie Claire Heureuse, épouse de l'empereur Dessalines.
27 MIRAGOÂNE
1799 Objet d'un litige entre Toussaint et Rigaud, elle a été à l'origine de la guerre du Sud en 1799.
1883 (27 mars) Boyer Bazelais et une centaine de ses amis s'emparent de la ville. Ils y subissent un siège de prés d'un an au cours duquel la population meurt en grand nombre de faim, de maladies et de privations. Les survivants sont impitoyablement exécutés le 9 janvier 1884. Une longue lutte fratricide entre le Parti National, ayant à sa tête le président Salomon et le Parti Libéral, ayant à sa tête Boyer Bazelais, s'achève ainsi dans le sang.
28 JÉRÉMIE
1756 Les plans de la ville actuelle de Jérémie sont tracés. C'était auparavant un petit village de pécheurs nommé Trou Jérémie, du nom d'un pécheur qui y habitait.
A l'époque de la colonie française, les marrons Plymouth et Macaya, (qui portent des noms de montagnes de la région) sillonnent la région avec leurs bandes.
1807
-1819 Goman, chef d'un mouvement paysan, édifie dans les montagnes de la Hotte à 14 lieues de Jérémie, un "Etat", le Grand Doco, qui résiste avec succès au pouvoir central.
Jérémie est appelée "Ville des Poètes": Antoine Laforest, Etzer Vilaire (1872), Emile Roumer, Othello Bayard, compositeur "d'Haïti Chérie", sont parmi les plus connus.
Jérémie a donné naissance à François D. Légitime, président d'Haïti (1887), et à d'autres Haïtiens remarquables comme le juriste Linstant de Pradines et Calisthènes Fouchard (1840).
29 TIBURON
1800 (29 juillet) Rigaud, aprés sa défaite face aux armées de Toussaint, s'embarque à Tiburon avec sa famille pour la Guadeloupe.
1802 Les troupes du major Lozinsky de la Légion polonaise débarquent à Tiburon.
30 PORT SALUT
1805 Un contingent de la Légion polonaise s'est établi à Port-Salut. C'est dans cette ville que commence l'insurrection qui conduit à l'attentat du Pont Rouge au cours duquel périra l'empereur Dessalines le 17 octobre 1806.
31 TORBECK
1776 Naissance à Torbeck de Boisrond Tonnerre, rédacteur de 1' Acte de l'lndépendance.
Jean-Jacques Acaau, chef de "L'Armée Souffrante", y voit le jour.
1843 (13 mars) À l'habitation Praslin, dans la plaine de Torbeck, débute le soulèvement qui renversera le président Boyer.
32 LES CAYES
1720 Approbation par le roi de l'établissement du bourg des Cayes.
1726 Le plan du bourg est dressé par M. de la Lance.
1803 (juillet) Réunion tenue au Camp Gérard, à quelques kilomètres des Cayes, au cours de laquelle les généraux de l'armée indigène du Sud sous le commandement de Geffrard, concluent avec Dessalines le pacte d'union qui conduira à la victoire contre la France.
1810
-1812 La ville est la capitale du gouvernement départemental du Sud lors de la scission du Sud et de l'Ouest.
1816 Séjour de Simon Bolivar. Il part des Cayes pour le Vénézuéla avec son expédition fournie et armée par Pétion.
1911 Destruction presque complète de la ville par un violent incendie Sont nés aux Cayes: le général Geffrard (1761), signataire de l'Acte de l'lndépendance, André Rigaud (1761), chef des hommes de couleur du Sud, les présidents Charles (Rivière) Hérard âîné, Michel Domingue, Lysius Félicité Salomon jeune (1815), Boisrond Canal (1832), Antoine Simon (1843).
33 CAMP PERRIN
1844 Départ de la grande jacquerie paysanne dirigée par Jean-Jacques Acaau. Les combattants de son "Armée Souffrante" sont appelés piquets à cause de leur arme: une pique en bois. Acaau est l'auteur de la fommule célèbre: "Le nègre riche est un mulâtre, le mulâtre pauvre est un nègre."
34 SAINT LOUIS DU SUD
1655 Cette baie est nommée baie de Cromwell du nom du vaisseau qui y mouilla en route pour conquérir la Jamaique.
1677 La ville prend le nom de Saint Louis.
1698 La "Compagnie de Saint Domingue" ou "Compagnie Royale des Indes" y établit ses bâtiments et entrepôts.
Au XVIIIe siècle, d'après des plans revus par Vauban, le Fort Saint Louis est édifié sur l'îlet commandant l'accès à la baie.
1748 Destruction partielle du fort par les Anglais.
1753 Construction du fort des Oliviers et du fort St Eloi pour assurer la protection de la baie.
Le port de Saint Louis du Sud sera délaissé au profit de celui des Cayes.
35 AQUIN
1494 Christophe Colomb mouille dans le port d'Aquin que les Indiens appelaient Yaquimo.
1499
/1502 A deux reprises, Amerigo Vespucci visite l'endroit.
Au début du 16ème siècle les Espagnols fondent Villa Nueva de Yaquimo.
1660 Les boucaniers français investissent la ville espagnole abandonnée et la nomment Aquin. Ils fondent aussi le Bourg d'Aquin à quelques lieues de distance.
Aquin est la ville natale de Julien Raymond, homme de couleur, riche propriétaire et érudit, lié à la Société des Amis des Noirs et du Citoyen. En 1796, il est membre de la troisième Commission Civile avec Sonthonax, Roume, Giraud et Leblanc.
David Saint-Preux, brillant tribun, natif d'Aquin, représente sa ville à la Chambre des Communes en 1832.
36 JACMEL
La région de Jacmel, réputée impénétrable, a constitué un sanctuaire du marronage au XVle siècle (guérilla précoce du cacique Henry, 1510) et au XVllle siècle (zone de domination du chef de bande Yacinthe). Dans ses hautes montagnes pousse en abondance le meilleur café de l'île.
1698 La "Compagnie de Saint Domingue" construit ses magasins et entrepôts dans le très petit bourg de Jacmel. La ville connaîtra un essor considérable grâce à son port ouvert au commerce extérieur. Francisco de Miranda, venu demander de l'aide à la jeune nation haïtienne, séjourne à Jacmel.
1816 Séjour de Simon Bolivar.
1890 L'architecture de fer est adoptée par les propriétaires aises pour la construction de leur résidence et de leur magasin pour éviter les risques d'incendie.
1908
-1910 Electrification de la ville, la première de l'île à bénéficier de cette nouvelle technique.
Jacmel est célèbre pour son Carnaval et son artisanat.
Eaux "étagées" des Bassins Bleus du morne Laporte, aux environs de Jacmel, d'une exaltante beauté.
Elle a donné naissance à de nombreux poètes, écrivains, artistes: Juste Chanlatte, Alcibiade de Pommeyrac, Hannibal Price, Préfette Duffaut, Charles Moravia, Seymour Pradel.
Ont participé à la réalisation de cette carte:
Gérald Alexis muséologue
Pierre Buteau historien
Georges Corvington historien
Lilas Desquiron ethnologue
Rachel Beauvoir Dominique anthropologue
Harold Gaspard architecte
Giselle Hyvert Conseiller Technique
Nils Tremmel architecte
Carte des caciquats établie selon les informations fournies par l"'Atlas d'Haïti'',Centre d'Etudes de Géographie tropicale (CNRS) et Université de Bordeaux- 985.
Route 2004 - Préservation des Ressources Historiques, Culturelles et Naturelles.
Tous droits réservés: projet HAI/95/010
MC/SET/ISPAN/PNUD/UNESCO 1997

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1820 -- 1843: The rule of Jean-Pierre Boyer
Bob Corbett
July, 1995
Quick overview of thesis and point: Earlier in my treatment of the rule of Alexander Petion from 1807 until 1818, and now in continuation of the spirit of that period with the presidency of Jean-Pierre Boyer, I want to present a picture that says that these years were among the most important in establishing the social, political and economic structure of the Haitian State. Further, after trying to make this point now with Boyer (already having done so with Petion) I will argue against a common popular view in the U.S. today, that the international community has almost single handedly determined the Haitian reality. I will give the reasons why I believe that this 1807-1843 period is at least as important as any other phenomenon in Haitian history, if not the singly most important set of events, in shaping contemporary Haitian history.
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A preamble to this section which has less to do with this period that a sketch of the background for why I think the views presented, were they accurate, would have an important place in understanding the present.
Ah, I seem to have a penchant for putting my head on the chopping block. But the above overview represents how I see the history and development of Haiti, and whether it coincides with the political needs of the moment I don't know. Nor do I really care. I may well be wrong about the historical analysis, and I welcome discussion of that. I am quite aware that one cannot write an idealized value-neutral historical analysis. But, I do work hard at abstracting from the present in trying to understand the past. History, which is not my field of specialization, has always been a tremendous love of mine. I have gone to history to try to understand the present and because it is simply interesting and fascinating in its own right. But I try very hard not to go to history to justify my desires for the present.
I don't mean to suggest that the past does not influence my views of how to understand the present and even what is best for the future. More than most people I've ever met, I am convinced that to understand the present one must see it in it's genesis. But what I am saying is that I don't believe in shaping my view of the past to justify current political needs and desires, no matter how noble those needs and desires may seem to me.
Why do I take time out to say these things? I worry that in some contemporary historical analyses of Haiti there is a tendency, as I see it, to read Haitian history in a way that is particularly scaled to serve current political views of what is good and not good for Haiti, even if those historical views don't quite fit the facts and events of that history.
I know that some of you were upset and unhappy with my review of Paul Farmer's book since I charged him with that sort of history. Perhaps I was too harsh on Farmer and took out on him, concerns that were wider than Farmer himself. If I did this, and I may well have, I apologize to him and his book. But, in general this tendency of using a carefully selected past to support particular ideas of the present, where it seems to me the analysis of the present precedes the analysis of the past and shapes the latter to the purposes of the present, is a major factor in how many people analyze Haitian history.
On to the history of this period.
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Perhaps the primary concern during the rule of Boyer was security. Perhaps his greatest failure was security. He manifested his concern for security in three notable ways.
After the death of Henry Christophe, Boyer was quite worried about the rebellions military leaders in the north. He moved quickly and forcefully against them and neutralized them, either killing them or bringing them into his sphere of interest. He got his security there.
On November 30, 1821 Santo Domingo declared its independence from Spain and became "Spanish Haiti." This relieved a weak threat to Boyer, since he was concerned about Spain's presence just over his border. However, this was an opportune time to be certain that Spain would not come back, and a way to keep some of Christophe's officers busy. Boyer led an invasion of Spanish Haiti, quickly conquering it and thus holding the entire island in the name of Haiti.
This left the biggest nut for Boyer to crack in his search for security -- France. Boyer and all of Haiti lived on the edge, dreading and fearing the return of the French, their colonial rule and slavery. Boyer wanted to get the French threat off Haiti's back forever and to formally join the company of nations of the world. He sued for recognition from France. After many years of on and off again negotiations, Boyer finally agreed to an outrageous French proposal. Haiti would pay: 150 million francs within 5 years. Actually by the time it came down to this point in the negotiations Haiti had little choice. This "offer" was given with 14 French warships in Port-au-Prince harbor, supported by nearly 500 guns. It was clear to Boyer that were he not to concede to this "indemnity" that France would immediately re-open hostilities. There was no realistic way for him to defend against this force. He signed on July 11, 1825 and France recognized the existence of Haiti.
It is hard to describe the level to which this debt crippled Haiti. After a few years when Haiti couldn't pay, the debt was renegotiated down to 60 million francs without interest, but even this debt strapped Haiti far beyond her means.
Between this debt and the Petion/Boyer land distribution system and the resulting subsistence agriculture, Haiti's future was relatively fixed into a pattern of simple and primitive life.
Boyer seemed to have finally gotten the security that he wanted. But, in actuality, he had gravely undermined it. Instead of finally vanquishing his last source of insecurity, France, he had unleashed a new and much more dangerous one -- his own people.
Outraged at paying an indemnity to the former slave masters, and unwilling to be taxed, the masses turned on Boyer and his mulatto government. Responding to the pressures to repay the debt, on May 1, 1826, Boyer tried to generate income and returned to the basic plan of fermage which Toussaint, Dessalines and Christophe had used earlier. Boyer had a new Rural Code passed which bound cultivators to their land and placed production quotas on them.
This was an impossible plan.
The plantations, source of export levels of sugar cane, had been broken up into smallholdings.
With the accord having been signed with France, there was no longer a fear of France, thus there was little to no motivation for rallying people around some concept like national need.
The army's power had been steadily weakening since the revolution and was incapable of serious enforcement of the Rural Code.
The only real impact of the Rural Code was a very negative one, the recognition of Petion's fait accompli. By giving the army the role of overseeing the new code and exempting the towns from it, Boyer gave implicit recognition of the two Haitis.
A rural Haiti of black subsistence farmers ruled by a mainly black army.
A mulatto urban life ruled by the official government of Haiti, a mulatto government.
The basic class and color division of Haiti's different worlds was solidly in place. The very social and economic structures that Boyer tried to change by means of the Rural Code, he solidly reinforced.
Boyer's days were numbered. The formal revolt began on Jan. 27, 1843 under the leadership of Charles Riviere-Herard, a black leader from the south. The revolt, however, was wide spread and didn't only represent black discontent with the state of things, but included young rising mulattos who wanted into areas of power and wanted changes in the structure of the country.
The revolt was quick and successful and on Feb. 13, 1843 Boyer fled first to Jamaica and later settled in France.
The end of the first phase of Haiti history came with the fleeing of Jean-Pierre Boyer. However, the basic social, economic and social structures of Haiti were fixed, and remain basically the same today as they were then.
Haiti's first 39 years produced a country that relied on subsistence farming on small plots of land by the rural masses, controlled by an almost wholly black army. A small urban elite, almost totally mulatto, controlled what economy there was and the government. The economy was adequate to supply that small elite with lifestyles of considerable wealth and ease.
Haiti today is in great struggle. There is a vehement call for fundamental changes in the basic structures of government, privilege, economy and social values. What is it that the increasingly vocal and powerful mass wants hanged? It is basically the social system that the 1807-1843 rule of Alexander Petion and Jean-Pierre Boyer nurtured into existence.
Many historians have pointed out that the international community has played a crucial role in the shaping of Haiti's present. This is certainly true. It is difficult to calculate the impact of the fact that from 1804 until 1826 no foreign nation recognized Haiti's existence and that it was until the 1860s until Haiti came more fully into the world of nations. How many investors were discouraged by this situation, and how many were discouraged by the internal lack of security in Haiti? How many trading partners turned away from Haiti who might have stirred a desire for production? My own view is that there were plenty of markets for Haiti's goods, but that the decisions of Petion and Boyer encouraged and acquiesced in a form of life which produced few goods for export.
The French debt was a major factor in the inability of Haiti to dig out from under this economic weight and to recover anything like a normal economy. However, the basic form of life as subsistence farming was already well entrenched before the impact of the French debt was felt. The primary negative impact of that debt came after the time of Boyer, or at least very late in his regime, after the form of the economy and social system was fixed.
Lastly I want to return to the question: Isn't this system what the Haitian people really wanted? And if so, shouldn't they have had what they wanted, regardless of the consequences for later generations? I don't know the answer to either question with any firm assurance, but I strongly suspect an answer of yes to both questions. I've argued this case earlier.
Does democracy mean that people should be free to have what they want out of life, whether or not it meets certain criteria of utility, or certain values of material progress? Should people be free to choose to not progress, or to have a different concept of progress than material progress? When is peace and tranquility more important that keeping one's nose to the grindstone? Is a lack of desire to work hard for material progress a sign of ignorance or backwardness? I don't think so. It just seems to me a different set of values, conditioned not by some ideal choosing in a vacuum, but a group of people looking around at the actual conditions facing them in 1804 and choosing that course of action that looked best to them.
For me the issue is not: Did they choose rightly. The issue is: Did they make their own choice. I think they did, not from a position of power and strength, but they chose what they thought was best for them given the situation they had inherited.
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Le premier Chef d'état Haïtien de doublure fut Charles Rivière Hérard
Le premier chef d'état Haïtien de doublure fut Charles Rivière Hérard (31 Décembre 1843 - 3 Mai 1844). Cet officier possédait pourtant bien des atouts pour être un chef exécutif responsable. Jeune (il n'était âgé que de quarante ans quand il arriva au pouvoir), ayant été l'un des instigateurs de la révolte de Praslin, Rivière Hérard préféra laisser la direction des affaires de l'état à son cousin Hérard Dumesle², également membre du directoire de Praslin et ancien membre du gouvernement provisoire après le départ du président Jean-Pierre Boyer.
Hérard Dumesle fut l'un des notables expulsés à la fin de la présidence de ce dernier. Toutefois, une fois au pouvoir, il oublia vite les principes qui semblaient, jusque là guider sa vie politique en se montrant extrêmement intolérant envers ses critiques et en gaspillant le trésor public.
L'enthousiasme que Rivière Hérard et Hérard Dumesle avaient suscité en tant que révolutionnaires s'effrita rapidement et se dégénéra même en résistance populaire. Dans la partie de l'Est, leurs bavures firent bien des mécontents, et le mécontentement donna lieu à la séparation et à la formation d'un nouvel état: la République Dominicaine
Rivière Hérard fut renversé du pouvoir par la Garde nationale de Port-au-Prince qui proclama le général Guerrier Président d'Haïti
Source. Coradin, Jean D. Histoire diplomatique d’Haïti 1804-1843. Tome premier : la reconnaissance de l’Indépendance. Port-au-Prince : Editions des Antilles, 1988
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PRINCIPALES DATES DE L’HISTOIRE d’HAÏTI
1492 - 2003
· 3 Août 1492: A l'aube, une expédition de trois caravelles, la Santa Maria, la Pinta et la Niña, menée par Christophe Colomb, un marin né à Gênes, en Italie, laisse les côtes espagnoles à la recherche des terres de l'Ouest. L´expédition arrivera aux Bahamas deux mois plus tard, le 12 Octobre 1492.
· 12 Octobre 1492: L'expédition de Christophe Colomb arrive en Amérique, et touche terre sur une île de l'archipel des Bahamas. Cette île, appelée Guanahani par ses habitants, des indiens Tainos, est baptisée San Salvador par Christophe Colomb, fidèle à la promesse qu'il avait faite à la reine Isabelle, d'apporter la parole divine aux terres qu'il découvrirait.
· 5 Décembre 1492: Christophe Colomb débarque en Haïti, au Môle Saint-Nicolas.
· 24 Décembre 1492: La Santa Maria fait naufrage sur un banc de récifs, non loin de Limonade.
· 31 Août 1498: Christophe Colomb revient à Hispaniola où la situation est catastrophique. Les espagnols ont pour la plupart la syphilis et se battent entre eux. Bartolomé, le frère de Colomb, s'est révélé être un piètre gouverneur. L'Amiral retourne sa colère contre les indiens qu'il persécute et les envoie comme esclaves au Cap Vert et aux Canaries.
· 20 Mai 1506: Christophe Colomb meurt dans l'indifférence à Valladolid, en Espagne. Croyant qu'il avait découvert une autre route pour accéder aux Indes, il n'aura jamais su qu'il avait révélé à l'Europe l'existence d'un nouveau continent.
· 30 Mai 1695: Les Anglais pillent le Cap Haïtien, alors nommé Cap François.
· 13 Juillet 1695: Les Anglais rentrent à Port-de-Paix et pillent la ville.
· 20 Septembre 1697: Signature de traité de Ryswick, donnant à la France souveraineté sur la partie Ouest d'Hispaniola. La frontière entre l'est et l'ouest suit la rivière Massacre, puis vers l'ouest à la vallée de l'Artibonite, puis vers l'est, incluant la plaine du Cul-de-Sac, et finalement, vers le sud, en passant par la Foret des Pins et le morne La Selle.
· Mars 1685: Publication de l' Edit Touchant la Police des Isles de l'Amérique Française de Louis XIV, ou Code Noir. Ce code réglementait les droits, limitations, et sanctions des esclaves
· 20 Septembre 1734: Incendie du Cap. La ville est rasée.
· 2 Avril 1770: Naissance d'Alexandre Sabès Pétion à Port-au-Prince, d'une mulâtresse et d'un blanc.
· 3 Juin 1770: Port-au-Prince est détruite par un tremblement de terre.
· 8 Septembre 1779: Un contingent de 1750 soldats, dirigés par le compte d'Estaing, débarquent en Georgie à fin d'aider les forces indépendantistes américaines dans leur lutte contre l'Angleterre. Ce contingent inclus un groupe de Chasseurs Volontaires de Couleur, parmi lesquels André Rigaud, Jean-Baptiste Chavannes, Laurent Férou, Louis Jacques Beauvais, et Henry Christophe.
· 9 Septembre 1779: Un contingent de 1750 soldats français et haïtiens, parmi lesquels André Rigaud, Jean-Baptiste Chavannes, Laurent Férou, Louis Jacques Beauvais, et Henry Christophe, se battent à Savannah, Georgie, contre l'armée anglaise. Les Anglais gagnent la bataille de Savannah, que George Washington appellera plus tard «the disaster of Savannah».
· 26 Août 1789: Date de rédaction de la «Déclaration des Droits de l"Homme et du Citoyen», dont l'article premier est: «Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune". Cette déclaration va à l"encontre des intérêts des grands planteurs de Saint Domingue, qui pressentent que l"esclavage est menacé.
· 5 Octobre 1789: Louis XVI, séquestré aux Tuileries (3 mois après la prise de la bastille), signe un manifeste écrit par La Fayette. Ce manifeste, intitulé «Déclaration des Droits de l"Homme et du Citoyen», dont l'article premier est: «Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune». Cette déclaration va à l'encontre des intérêts des grands planteurs de Saint Domingue, qui pressentent que l'esclavage est menacé.
· 22 Octobre 1789: L'Assemblée Nationale de France accepte une «pétition de droits» présentée par les «Hommes Libres de Couleur» de Saint Domingue. Cela marque la première fois qu'un groupe de noirs participera à une session de l'Assemblée Nationale.
· 28 Mars 1790: L'Assemblée Nationale approuve la création de «l"Assemblée Coloniale», une organisation crée par les colons français de Saint Domingue dans le but de protéger leurs intérêts, particulièrement l'esclavage.
· 12 Octobre 1790: Vincent Ogé débarque sur la cote nord de Saint Domingue, dans l'intention de faire respecter à Saint Domingue les principes d'égalité défendus dans la Déclaration des Droits de l"Homme et du Citoyen.
· 9 Mars 1791: Vincent Ogé et Jean-Baptiste Chavannes sont exécutés sur la Place d'Armes, au Cap-Haïtien, par la méthode du supplice de la roue.
· 15 Mai 1791: A Paris, L'assemblée Nationale émet un décret donnant aux mulâtres les mêmes droits politiques que les blancs.
· 7 Août 1791: Au cours d'une réunion à Mirebalais, Pierre Pinchnat est choisi comme leader d'un groupe de mulâtres s'opposant aux blancs, dans la tradition d'Ogé et de Chavannes.
· 11 Août 1791: Quelques esclaves des habitations Chabaud et La Gossette mettent le feu à quelques maisons. Cette révolte, prélude au Bois Caïman, est vite étouffée, et les esclaves pendus.
· 14 Août 1791: Boukman conduit une cérémonie vaudou au Bois Caïman, à Le Normand de Mézy, non loin du Morne rouge. Au cours de cette cérémonie, las participants, après avoir sacrifié un porc et bu son sang, jurent de tuer tous les blancs. La date de l'insurrection est fixée pour le 22 août.
· 20 Août 1791: Bataille entre blancs et mulâtres, à Nerette. Les blancs sont vaincus. Les mulâtres se dirigent alors vers le Cul de Sac; menés par Louis Jacques Beauvais et Alexandre Pétion, ils rencontrent un contingent de blancs à Pernier. Là encore, les mulâtres sont victorieux.
· 22 Août 1791: Huit jours après la cérémonie du Bois Caïman, vers dix heures du soir, les tambours des esclaves résonnent dans le Nord, particulièrement à l'Acul et au Limbé. A Noé, Climent, Flaville, Gallifet, et Le Normand, les esclaves, armés de piques, de manchettes et de torches, attaquent les blancs, tuent les hommes, violent les femmes et mettent le feu aux habitations. Deux mois après le début de cette insurrection, plus de 1000 plantations sont détruites, mais 10000 esclaves perdirent leur vie au cours de cette révolte.
· 24 Septembre 1791: L'assemblée Nationale, alarmée par les mauvaises nouvelles venant de la colonie, révoque son décret du 15 Mai, qui donnait aux mulâtres les mêmes droits politiques que les blancs
· 22 Novembre 1791: La nouvelle de la volte-face du 24 Septembre de l'Assemblée Nationale étant arrivée à Saint-Domingue, l'Ouest explose. Dirigées par Louis Jacques Beauvais, les troupes mulâtres attaquent les blancs de Port-au-Prince. La ville est détruite.
· 29 Novembre 1791: Pour contrecarrer le tumulte régnant à Saint-Domingue, L'Assemblée Nationale envoie une première commission à l'île. Cette commission, consistant de Frédérick-Ignace de Mirbeck, Philippe-Rose Roume, et Edmon Saint-Leger, débarque au Cap.
· 21 Décembre 1791: La commission arrivée le 29 Novembre commence à négocier une trêve avec les esclaves en révolte, représentés à cette réunion par Jean-François. Ces négociations échouent éventuellement.
· 22 Janvier 1792: Biassou envahit le Cap pour libérer sa mère, esclave de l'hôpital. Il tue les patients dans leur lit et retourne triomphalement dans les montagnes des environs, avec sa mère.
· 4 Avril 1792: L'assemblée Nationale fait une fois de plus volte face et émet un décret mettant las blancs, noirs libres et mulâtres sur le même plan d'égalité politique. Pour faire appliquer ce décret, une deuxième commission est envoyée à Saint-Domingue, accompagnée de 6000 soldats. Cette commission consiste de Léger-Félicité Sonthonax, Etienne Polverel, et Ailhaud.
· 18 Septembre 1792: La deuxième commission de L'Assemblée Nationale, composée de Léger-Félicité Sonthonax, Etienne Polverel, et Ailhaud, et accompagnée de 6000 soldats commandés par le général Etienne Maynard Laveaux, débarque au Cap Français.
· 7 Mai 1793: Thomas François Galbaud, un général français expérimenté, débarque au Cap, envoyé de France par l'Assemblée Nationale, qui craignait une explosion à Saint-Domingue.
· 19 Juin 1793: Après avoir soumis le Nord et l'Ouest, Sonthonax et Polverel, essayant d'appliquer le décret du 4 Avril 1792, envoient une armée sur la Grande-Anse. Cette armée, appelée la Légion d'Egalité, est commandée par André Rigaud et composée d'esclaves armés qui seront libérés après
un an de service militaire. La Légion d'Egalité est vaincue par les planteurs blancs sur l'Habitation Desrivaux, près de Pestel.
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· 19 Juin 1793: Thomas François Galbaud, royaliste, se proclame gouverneur de Saint-Domingue, s'opposant à Sonthonax.
· 21 Juin 1793: Thomas François Galbaud, royaliste, s'étant proclamé gouverneur de Saint-Domingue, conquiert le Cap après une furieuse bataille contre les forces républicaines.
· 23 Juin 1793: Après la défaite du 21 Juin, les Jacobins arrivent à faire parvenir un message aux noirs: Tout noir qui prend les armes pour la République sera libéré. Macaya et Pierrot acceptent l'offre, et envahissent le cap, avec 10000 noirs. Galbaud est vaincu et s'enfuit en exil.
· 26 Juin 1793: Sonthonax et Polverel, qui s'étaient réfugiés à Breda pendant que Macaya et Pierrot combattaient Galbaud, retourne au Cap. Là, Sonthonax arme les noirs de mousquets en clamant: «Ces armes sont votre liberté. Quiconque voudra vous enlever ces armes voudra vous remettre en esclavage.»
· 29 Août 1793: Sonthonax et Polverel proclament la liberté générale dans le nord.
· 3 Septembre 1793: Les colons signent un traité d'intervention avec l'Angleterre à Santiago de la Vega. Ce traité stipule que l'occupation sera provisoire, la question de souveraineté sera réglée après la victoire, les lieux occupés par l'Angleterre seront administrés par un anglais assisté de six colons, les lois anglaises y seront appliquées, et l'esclavage y sera rétabli.
· 20 Septembre 1793: Les anglais, venant de la Jamaïque, occupent Jérémie.
· 22 Septembre 1793: Sonthonax et Polverel proclament la liberté générale dans l'Ouest et le Sud.
· 28 Janvier 1794: Candy, encerclé par les espagnols, est forcé de leur céder Fort Liberté.
· 2 Février 1794: Les anglais attaquent le fort Tiburon et l'occupent.
· 4 Février 1794: Après l'arrivée la veille d'une délégation venant de Saint-Domingue, l'Assemblée Nationale abolit l'esclavage.
· 19 Février 1794: Les anglais attaquent et occupent l'Acul de Léogane.
· 6 Mai 1794: Toussaint Louverture, après avoir communiqué avec Laveaux, se rend à Marmelade et, dirigeant un régiment de noirs sous la bannière de France, vainc une garnison de soldats espagnols et restore Limbé, l'Acul, Gros Morne et Plaisance à la France.
· 4 Juin 1794: Les Anglais conquièrent Port-au-Prince.
· 1er Mai 1796: Une troisième commission arrive de France à Saint-Domingue, avec pour mission de rétablir l'autorité de la république. Cette fois, la commission est composée de cinq membres: Sonthonax, Raymond, Roume, Leblanc et Giraud. Ils étaient accompagnés de 900 soldats.
· 23 Juin 1796: Vilatte et huit subordonnés sont arrêtés et embarqués à bord du Wattigny avec destination les donjons de Rochefort.
· 20 Juillet 1796: Arrestation et déportation de Vimeur Rochambeau.
· 20 Août 1797: Toussaint rentre au Cap et embarque Sonthonax sur un navire pour la France. Sonthonax ne reviendra jamais en Haïti.
· 8 Mai 1798: Les Anglais laissent l'Ouest pacifiquement, après que Toussaint ait accepté de suspendre ses opérations contre le Môle et la Grande-Anse.
· 22 Octobre 1798: Hedouville, commissionnaire du Directoire, chassé par Toussaint, embarque pour la France avec 1800 réfugiés, après avoir essayé de désarmer des régiments noirs du Nord. Toussait rentre au Cap et est reçu avec un Te Deum.
· 18 Juin 1799: Les troupes de Rigaud laissent Miragoâne et attaquent Fort Garit, à Petit-Gôave. Là, ils battent une garnison de Toussaint, commandée par Laplume.
· 25 Juillet 1799: Toussaint occupe Port-de-Paix, où Maurepas avait résisté, pacifiant le Nord-Ouest.
· 4 Février 1800: Rigaud essaye de faire venir du renfort et des provisions des Cayes, en utilisant deux navires, mais le USS Experiment, du blocus naval américain, coule un des navires et capture l'autre.
· 12 Mars 1800: Occupation de Jacmel par des régiments du Nord. Cette conquête de l'armée de Toussaint marque la défaite de Rigaud.
· 19 Juin 1800: Toussaint proclame l'armistice générale dans le Sud.
· 7 Juillet 1800: La guerre entre Rigaud et Toussaint recommence, au Vieux Bourg d'Aquin. Rigaud est encore battu, et l'armée mulâtre fait retraite. Toussaint essaie de négocier, mais Rigaud refuse.
· 25 Juillet 1800: Avancée finale de l'armée de Toussaint sur le Sud. Saint-Louis de sud capitule.
· 1er Août 1800: Rigaud, ayant perdu la guerre, ordonne que la ville des Cayes soit brûlée. Personne n'obéit. Toussaint rentre triomphalement dans la ville.
· 22 novembre 1800: Après le massacre des officiers de Rigaud dans le sud, Toussaint retourne au Cap et est triomphalement reçu.
· 25 Novembre 1800: Toussaint met Roume aux arrêts et l'emprisonne à Dondon, à fin de consolider sa position en tant que maître de l'île.
· 6 Janvier 1801: Une armée forte de 4500 hommes, menée par Paul Louverture, frère de Toussaint, et accompagnée de Toussaint lui-même, atteint la ville de Santo Domingo.
· 21 Janvier 1801: Capitulation de Don Joaquín, gouverneur espagnol de la partie de l'Est.
· 22 Janvier 1801: Après la défaite de Don Joaquín, Chanlatte embarque pour le Venezuela.
· 26 Janvier 1801: Toussaint reçoit les clés de Santo Domingo, et abolit l'esclavage.
· 22 Mars 1801: Toussaint rassemble un groupe d'hommes instruits: Bernard Borgella, Lacour, Viard, Raymond, Collet, Nogere, et 4 dominicains: Roxas, Munoz, Monceibo et Morillas, avec pour but de préparer une constitution pour l'île de Saint-Domingue.
· 9 Mai 1801: L'assemblée crée le 22 Mars 1801 présente à Toussaint la première constitution de l'île. Elle centralise les pouvoirs et nomme Toussaint gouverneur à vie, avec le droit de choisir son successeur. Les distinctions de couleur et l'esclavage sont abolis.
· 8 Juillet 1801: La constitution de Toussaint est promulguée au Cap, avec une grande cérémonie.
· 13 Octobre 1802: Vincent, chargé de présenter la constitution de Toussaint à Bonaparte arrive à Paris. Il est mit aux arrêts et emprisonné à l'île d'Elbe. Il y sera toujours 13 ans plus tard, quand Napoléon, après son abdication, y arrivera lui-même.
· 22 Octobre 1801: Insurrection à l'Acul, Limbé, Dondon, et Marmelade, pas d'anciens esclaves qui suspectent que Toussaint envisage de rétablir l'esclavage. 300 blancs sont égorgés.
· 4 Novembre 1801: Toussaint étouffe l'insurrection du 22 Octobre en forçant un groupe d'officiers suspects de se suicider et se tirant une balle à la tempe en public, au Cap.
· 8 Novembre 1801: Bonaparte, Premier Consul, écrit une proclamation s'adressant aux habitants de Saint-Domingue, leur demandant de se rallier autour du capitaine général Leclerc (son beau-frère), et leur assurant que l'esclavage ne sera pas rétabli.
· 15 Novembre 1801: Napoléon déclare être résolu à «Annihiler le gouvernement de noirs à Saint-Domingue».
· 29 Novembre 1801: Moyse, rendu responsable de l'insurrection du 22 Octobre, est fusillé.
· 29 Janvier 1802: Une flotte française de 67 navires, commandée par l'amiral Comte Louis-Thomas Villaret Joyeuse, et emmenant une l'armée de 21.175 hommes, commandée par Leclerc est en route pour Saint-Domingue. La moitié de cette flotte touche terre ce jour dans la baie de Samaná, dans l'Est de l'île.
· 2 Février 1802: Une force de 23 navires de guerre et de 5000 soldats français prend position en face du Cap. Christophe refuse à la flotte d'accoster.
· 4 Février 1802: Dans la soirée, un navire de guerre français, l'Aiguille, rentre dans la baie du Cap. Fort Picolet ouvre le feu. L'Aiguille et ses frégates de support répondent. Christophe brûle sa maison et ordonne que la ville soit incendiée. Le lendemain matin, presque toutes les 2000 maisons de Cap sont détruites.
· 5 Février 1802: Le général Boudet débarque avec 3000 soldats à Port-au-Prince. Lamartinière décide de lui livrer combat sans brûler la ville. Boudet s'empare de la ville, mais Lamartinière exécute tous ses résidents blancs, qu'il avait prit en otage.
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· 7 Février 1802: Leclerc tient le Cap, détruit dans l'incendie du 4 février.
· 17 Février 1802: Leclerc déclare Toussaint rebelle et hors-la-loi.
· 23 Février 1802: Rochambeau, commandant 3000 soldats, bat les troupes de Toussaint à Ravine-à-Couleuvres.
· 4 Mars 1802: Debelle, venant de Port-de-Paix, attaque Dessalines à la Petite Rivière. Dessalines fait retraite vers la Crête-à-Pierrot où il gagne la bataille.
· 24 Mars 1802: Lamartinière, sous ordre de Dessalines, évacue la Crête-à-Pierrot. Cette défaite marque la fin de la lutte organisée contre la France jusqu'en octobre de la même année.
· 25 Avril 1802: Christophe libère 2000 otages blancs, cesse les hostilités, et rencontre Leclerc an Haut-du-Cap.
· 6 Mai 1802: Toussaint, assuré par Leclerc qu'il n'avait rien à craindre, rentre au Cap, et accepte de retourner sur sa plantation à Ennery.
· 23 Mai 1802: Dessalines se rend, ainsi que Belair, Lamartinière, et Gabart. Sous ordres de Leclerc, Dessalines prend stationnement dans l'Artibonite.
· 7 Juin 1802: Sous ordre de Leclerc, le général Brunet demande à Toussaint de le rencontrer sur l'Habitation Georges, près des Gonaïves. Là, Toussaint est arrêté et emmené aux Gonaïves.
· 8 Juin 1802: Aux Gonaïves, Toussaint est embarqué sur la frégate La Créole, qui se rend au Cap. Là, Toussaint est transféré sur le navire Le Héros, qui part pour la France.
· 20 mai 1802: Napoléon signe un décret préparé par le Duc de Decrès, Ministre de la Marine, rétablissant l'esclavage et la traite des noirs en Martinique, Tobago, et Sainte Lucie.
· 11 Juin 1802: Leclerc demande des renforts à Decrès, Ministre de la Marine. La raison, L'armée française est décimée par la fièvre jaune et la malaria. Leclerc n'obtient pas satisfaction.
· 14 Juin 1802: La nouvelle de la soumission de Toussaint arrive à paris. Bonaparte autorise Leclerc et Richepanse à rétablir l'esclavage à Saint-Domingue et en Guadeloupe. Richepanse le fait immédiatement en Guadeloupe.
· 24 Août 1802: Toussaint Louverture arrive au Fort de Joux, un château datant du neuvième siècle, situé dans le Jura, à l'Est de la France.
· 5 Octobre 1802: Belair et sa femme sont fusillés après avoir été condamnés par une cour martiale française.
· 12 octobre 1802: Pétion et Clervaux rejoignent les rebelles résistant à la France. Christophe et Dessalines font de même peu après.
· 16 Octobre 1802: Les forces révolutionnaires haïtiennes encerclent le Cap.
· 1er Novembre 1802: Leclerc meurt de la fièvre jaune. Rochambeau lui succède à la tête des forces françaises à Saint Domingue.
· 7 Avril 1803: Toussaint Louverture meurt dans sa cellule du Fort de Joux, d'une maladie pulmonaire.
· 12 Mai 1803: La trêve d'Amiens prend fin. La guerre entre la France et l'Angleterre reprend. Une partie de la flotte navale britannique se stationne au large du Cap, pendant qu'une autre se met dans le canal du vent, entre la presqu'île du Nord-Ouest et Cuba. Rochambeau est isolé de la France.
· 14 Mai 1803: Premier jour du congrès de l'Arcahaie, où tout les chefs de bandes, noirs et mulâtres, s'allient pour combattre les forces de Rochambeau.
· 18 Mai 1803: Dernier jour du congrès de l'Arcahaie. Tous les chefs de bandes acceptent l'autorité de Dessalines, qui déchire un drapeau français et jette sa bande blanche. Catherine Flon, filleule de Madame Dessalines, coud les deux bandes restantes, rouge et bleue, pour former le premier drapeau haïtien.
· 4 Août 1803: Laurent Ferou occupe Jérémie.
· 2 Septembre 1803: Gabart occupe Saint-Marc.
· 3 Octobre 1803: Lavalette, commandant français stationné à Port-au-Prince, se rend sous la pression de Dessalines et de Pétion.
· 9 Octobre 1803: Dessalines descend Turgeau et prend possession de Port-au-Prince.
· 17 Octobre 1803: Le siège de Jacmel par Magloire Ambroise prend fin; les assiégeants permettent aux forces françaises de se rendre à la flotte anglaise, stationnée au large de la ville.
· 17 Novembre 1803: Dessalines attaque le Cap, en commençant le bombardement du Fort Bréda.
· 18 Novembre 1803: Batailles de la Butte Charier et de Vertières. Dans l'après midi, les bataillons de Capois-la-Mort et de Gabart prennent la Butte Charier. A Vertières, les grenadiers de Rochambeau tentent une contre-attaque finale, mais sont repoussés par Capois-la-Mort, Gabart, et Clervaux. La France a perdu la guerre.
· 4 Décembre 1803: Noailles laisse l'île pour Cuba avec les derniers soldats français de la presqu'île du Môle Saint Nicolas. Il n'y a plus de soldats français valides à Saint-Domingue.
· 31 Décembre 1803: Chareron écrit le premier Acte de l'Indépendance. Les généraux ne trouvent pas l'acte assez passionné, et le travail est confié à Boisrond Tonnerre.
· 1er janvier 1804: Haïti déclare son indépendance sur la place d'armes, aux Gonaïves.
· 9 Mars 1804: Dessalines rentre à Jérémie et exécute presque tous les blancs de la ville. Les seuls rescapés sont quelques docteurs et commerçants.
· 17 Mars 1804: Dessalines arrivé la veille à Port-au-Prince, élimine plus de 800 blancs.
· 21 Avril 1804: Dessalines arrive au Cap, avec l'intention d'exécuter tous les blancs. Cependant, Christophe le convainc d'épargner les anglais, les américains, les prêtres, et les docteurs.
· 8 Octobre 1804: Dessalines est couronné au Cap Haïtien. Son titre: Sa Majesté Jacques Premier, Empereur.
· 25 Février 1805: Santiago est conquise par une force de 30.000 hommes, menée par Dessalines.
· 7 Mars 1805: L'armée haïtienne converge sur la ville de Santo Domingo et l'assiège.
· 21 Mars 1805: Un escadron français, mené par l'amiral Comte de Missiessy, débarque à Santo Domingo, afin d'aider la ville à combattre les assiégeants haïtiens.
· 28 Mars 1805: Dessalines abandonne le siège de Santo Domingo et fait retraite vers Haïti.
· 20 Mai 1805: Dessalines ratifie la première constitution d'Haïti en tant que pays indépendant. Cette constitution accorde pleins pouvoirs à l'empereur, qui a le droit de nommer son successeur. Les blancs ne peuvent pas avoir de propriété. Les couleurs nationales sont changées: Elles sont maintenant noir et rouge.
· 8 Octobre 1806: Le Sud se révolte contre Dessalines, mené par Mécereau, un propriétaire terrien.
· 16 Octobre 1806: La révolte de Sud contre Dessalines atteint Port-au-Prince.
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· 17 Octobre 1806: Dessalines, en route vers Port-au-Prince pour étouffer la révolte du Sud, est assailli au Pont rouge, juste au nord de Port-au-Prince. Après une période d'hésitation, un soldat nommé Garat tue le cheval de l'empereur. Dessalines tombe, et est tué par Yayou et Vaval.
· 20 Novembre 1806: Après l'assassinat de Dessalines, des élections sont tenues afin de former une assemblée constitutionnelle.
· 18 Décembre 1806: L'Assemblée Constitutionnelle se réunit à la cathédrale de Port-au-Prince.
· 27 décembre 1806: Une nouvelle constitution (la troisième), préparée par Alexandre Pétion et Jean-Pierre Boyer, est présentée à l'Assemblée Constitutionnelle. Haïti est déclarée une république avec un président et un sénat, et une séparation rigide des pouvoirs entre les deux.
· 28 Décembre 1806: Mécontent des termes de la nouvelle constitution, que limite sévèrement les pouvoirs du poste présidentiel auquel il aspire, Henry Christophe marche vers Port-au-Prince. Christophe est à l'Arcahaie quand le sénat le déclare hors-la-loi, et charge Pétion de défendre la capitale.
· 1er Janvier 1807: Pétion rassemble une armée, composée principalement de soldats du Sud, et affronte les forces de Christophe dans la plaine du Cul de Sac. Christophe gagne la bataille et poursuit Pétion, dont la vie est sauvée grâce au sacrifice de Coutilien Coutard, qui se met le chapeau de Pétion pour passer pour lui, et est tué à la place de son chef.
· 8 Janvier 1807: Christophe abandonne ses tentatives répétées d'envahir Port-au-Prince, défendue par Yayou et Lamarre au Portail Saint Joseph, et fait retraite vers Saint Marc.
· 17 Février 1807: Christophe et ses conseillers créent un nouvel état dans le Nord. Christophe est nommé président à vie, avec pratiquement les mêmes pouvoirs donnés au sénat à Port-au-Prince.
· 9 Mars 1807: Le sénat se réunit à Port-au-Prince pour choisir un nouveau président: Alexandre Pétion.
· 16 Juillet 1810: Lamarre est tué pendant la guerre du Môle, qui oppose les forces de Christophe à celles de Pétion dans le Nord-Ouest.
· 28 Septembre 1810: La guerre du Môle prend fin, Christophe contrôle la région, et devient chef incontesté du Nord, du Nord-Ouest et de l'Artibonite.
· 7 Avril 1810: Rigaud, qui, comme Toussaint, avait été emprisonné au Fort de Joux depuis 1802, retourne en Haïti et est reçu en héros aux Cayes.
· 3 Novembre 1810: Rigaud crée l'Etat du Sud, dont il se nomme président.
· 2 Décembre 1810: Pétion rencontre Rigaud à Miragoâne et accepte la création de l'Etat du Sud comme fait accompli. Les deux chefs résolvent de coexister pacifiquement.
· 26 Mars 1811: Le Nord est transformé en un royaume par un conseil d'état, et Christophe devient le roi Henry I.
· 5 Avril 1811: Henry I crée sa noblesse: quatre princes, huit ducs, vingt-deux comtes, trente-sept barons, et quatorze chevaliers de l'ordre de Saint Henry.
· 2 Juin 1811: Henry Christophe est couronné au Cap. Le Roi d'Angleterre, George III, envoie un représentant à la cérémonie.
· 18 Septembre 1811: Rigaud, malade, meurt sur sa plantation, l'habitation Laborde, à l'age de cinquante ans. Jérome Maximilien Borgella lui succède à la Tête de l'Etat du Sud.
· 7 mars 1812: Pétion organise une révolte aux Cayes contre Borgella et Rattache le Sud à la république de l'Ouest.
· 2 Juin 1812: Pétion tente de corrompre certains officiers de l'armée de Christophe à fin de le faire assassiner durant la messe, à Saint-Marc. Le complet est trahi. Avant la messe, Christophe prend personnellement commande de sa garde d'honneur et fait fusiller les comploteurs sur le champ.
· 24 Décembre 1815: Expulsé du Venezuela, puis chassé de la Jamaïque, Simon Bolivar débarque aux Cayes et est chaleureusement reçu. Quelques jours après, Bolivar rentre à Port-au-Prince et rencontre Pétion. Les deux deviennent amis.
· 10 Avril 1816: Bolivar laisse Haïti et retourne au Venezuela.
· 6 Juillet 1816: Bolivar abolit l'esclavage en Amérique Latine.
· 29 Mars 1818: Pétion meurt, après une longue maladie. Jean-Pierre Boyer, commandantde la garde présidentielle, prend le pouvoir, avec l'aide de Gédéon, alors que le sénat hésitait à désigner le prochain président.
· 15 Août 1820: Christophe est frappé d'une crise d'apoplexie pendant la messe à Limonade. Christophe est paralysé.
· 2 Octobre 1820: Les comploteurs, sachant Christophe paralysé, décident de frapper. Un groupe de soldats de Saint Marc se soulève contre l'autorité du roi et assassine le général de place, Jean Claude, coupent sa tête et l'expédie à Boyer, comme symbole d'allégeance.
· 6 Octobre 1820: Christophe ordonne au général Jean-Pierre Richard, Duc de Marmelade, de marcher sur Saint Marc et d'étouffer la révolte. Au lieu d'obéir, le général harangue ses troupes sur la place d'armes du Cap et les incite á la révolte. Le roi Henry essaye de contrecarrer la révolte et de descendre au Cap, mais s'effondre en tentant de monter sur son cheval.
· 7 Octobre 1820: Christophe dépêche le commandant Jean Baptiste Riché, à la tête de la garde royale, sur le Cap. Au haut du Cap, Riché rencontre une troupe de 5.000 rebelles. Après une brève confrontation, la garde royale abandonne ses armes et rejoint les rebelles. Riché fait de même. La nouvelle parvient à Christophe, qui se suicide à Milot d'une balle en argent à la tempe.
· 26 Octobre 1820: Boyer, à la tête de 20.000 hommes, arrive au Cap, maîtrise le général Jean-Pierre Richard, et rattache le Nord à la République.
· 30 Novembre 1821: Une junte, dirigée par Don José Nuñez de Cáceres, déclare Santo Domingo indépendante de l'Espagne. La junte demande à Haïti de reconnaître le nouveau pays et propose un traité d'amitié.
· 9 Février 1822: Boyer arrive aux portes de la ville de Santo Domingo, à la tête d'une armée. Cáceres lui présente la clé de la ville, fait flotter le drapeau haïtien sur l'ancienne cathédrale, et Boyer plante un palmiste, symbole de la liberté.
· 10 Mars 1822: Avant de retourner à Port-au-Prince, Boyer proclame la constitution loi suprême de Santo Domingo. La partie de l'Est restera une colonie d'Haïti pendant les prochains 18 ans.
· 17 Mars 1825: Charles X passe un décret reconnaissant l'indépendance d'Haïti, moyennant qu'une indemnité de 150 millions de francs soit payée en cinq ans.
· 5 Juillet 1825: Le commandant en chef d'une flotte de 14 navires de guerre français, Amiral Baron Mackau, est reçu par le ministre des affaires étrangères haïtien, Inginac. Mackau pose un ultimatum: Payez l'indemnité de 150 millions de francs, ou l'escadron commence les opérations militaires.
· 11 Juillet 1825: Boyer accepte les termes du décret de Charles X, et l'indépendance d'Haïti est reconnue par la France.
· 1er Mai 1826: Le sénat ratifie le Code Rural, préparé par Boyer.
· 17 Janvier 1830: Ferdinand Vii d'Espagne tente de reconquérir la partie de l'Est, en envoyant l'Intendant de Cuba, Don Felipe Castro, à port-au-Prince. Boyer met son armée sur pied de guerre. Castro rebrousse chemin.
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· 12 Août 1831: Un cyclone cause un raz de marée sur les Cayes, tuant des centaines d 'habitants.
· 23 Janvier 1838: Devant l'incapacité du trésor haïtien de faire des versements réguliers pour satisfaire les termes de l'indemnité, une délégation française débarque en Haïti, et négocie un nouveau traité avec une équipe haïtienne menée par Inginac et Beaubrun Ardouin. Le nouveau traité reconnaît l'indépendance et la souveraineté d'Haïti, et la balance de l'indemnité est réduite à 60 millions de France, payable sur une période de trente ans, sans intérêts.
· 28 Mai 1838: Le traité de 23 janvier entre la France et Haïti est ratifié à Paris. La Hollande, la Prussie, la Suède et le Danemark reconnaissent l'indépendance d'Haïti peu après.
· 7 Mai 1842: Un tremblement de terre détruit Fort Liberté, Port de Paix, et Santiago de las Caballeros. Au Cap Haïtien, 10.000 personnes sont ensevelies sous les ruines.
· 27 janvier 1843: Les troupes de Boyer affrontent celles de Rivière Hérard à Mapou Dampuce, près de Léogane, et sont vaincues.
· 13 Février 1843: Boyer abdique et laisse Haïti pour la Jamaïque.
· 4 Avril 1843: Formation d'un gouvernement provisoire, formé d'Imbert, de Guerrier, et de Charles Rivière Hérard.
· 30 Décembre 1843: Ratification d'une nouvelle constitution, très libérale et difficile à appliquer dans le contexte du jour.
· 3 Janvier 1844: Inauguration officielle de Rivière Hérard à la présidence.
· 27 Février 1844: La République Dominicaine déclare son indépendance d'Haïti. Le mouvement séparatiste est mené par Juan Pablo Duarte, Francisco Rosario Del Sanchez, et Raymond Mella. Le trio saisit la forteresse de Punta Del Conde, à ciudad Santo Domingo, et chasse la garnison haïtienne de la ville.
· 29 Février 1844: Capitulation des forces haïtiennes occupant la République Dominicaine. Les troupes haïtiennes laissent Santo Domingo et embarquent pour Jacmel à bord de 3 navires. Ce jour marque la fin de 18 ans d'occupation haïtienne en République Dominicaine.
· 10 Mars 1844: Rivière Hérard, à la tête d'une armée de 10.000 hommes, traverse la frontière, dans le but de mettre fin à la révolte Dominicaine.
· 19 Mars 1844: L'armée dominicaine bat les haïtiens à Azua, mais fait retraite, craignant l'arrivée d'une deuxième colonne haïtienne. Rivière Hérard demande à Pierrot de venir le renforcer, un ordre auquel ce dernier ne peut obéir, car ses troupes sont battues à Santiago. Pierrot fait retraite sur le cap.
· 5 Avril 1844: Acaau, à la tête du mouvement des Piquets, se révolte contre Hérard et bat l'armée du gouvernement à Carrefour Quatre chemins, à la porte des Cayes.
· 25 Avril 1844: Pierrot fait secession dans le Nord et met Guerrier à la tête du nouvel état.
· 3 Mai 1844: Dans l'espoir d'apaiser la révolte du Sud, les Boyeristes mettent Philippe Guerrier au pouvoir. Toujours à Azua, Rivière-Hérard est notifié qu'il n'est plus président.
· 15 Avril 1845: Guerrier meurt, à l'age de 88 ans, après 11 mois au pouvoir. Il est enterré à Fort la Source, derrière Marchand. Les points saillants de son gouvernement sont l'établissement d'une poste interne, et la création de lycées au Cap et aux Cayes. Le conseil d'état choisit Jean-Louis Pierrot, beau-frère de Christophe, comme successeur de Guerrier.
· 10 Mai 1845: Le président Jean-Louis Pierrot fait une déclaration annonçant aux " citoyens de l'Est " que " L'unité nationale doit être reconstituée ", et qu'il ne renoncera jamais à " l'indivisibilité du territoire national ".
· 17 Mai 1845: Réagissant à la déclaration du 10 mai de Pierrot, l'armée dominicaine traverse la frontière, brûle Las Cahobas et Hinche, et occupe Cachiman.
· 22 Juillet 1845: Les troupes haïtiennes envahissent le plateau central et reprennent les villes occupées par les Dominicains lors de l'invasion du 17 mai.
· 17 Septembre 1845: Le conseil d'état envoie des troupes à Léogane à fin d'étouffer la révolte des Riviéristes. Le général rebelle, Pierre Paul, est décapité, et ses troupes sone massacrées.
· 28 Février 1846: La garnison de Saint Marc reçoit l'ordre de marcher sur la frontière. Elle refuse, et déclare le président Jean-Louis Pierrot déposé, et envoie des émissaires au général Riché, lui demandant de prendre le pouvoir.
· 1er Mars 1846: Jean-Baptiste Riché devient président d'Haïti. Ce même jour, il restore la constitution de 1816 de Pétion.
· 12 Mars 1846: Apprenant que son ennemi Riché est devenu président, Acaau soulève les Piquets dans le sud. Riché dépêche Samedi Télémaque à la tête d'une armée pour combattre les piquets. Le 12 mars, Acaau, encerclé, se suicide.
· 24 Juin 1846: Après le suicide d'Acaau, les Piquets, sans chef, sont vaincus par l'armée de Télémaque.
· 27 Février 1847: Jean-Baptiste Riché meurt d'une overdose d'aphrodisiaques.
· 1er Mars 1847: Le sénat choisit Faustin Soulouque pour succéder à Riché. Rapidement, Soulouque s'entoure d'hommes de confiance: Augustin " Similien " Maximilien est commandant de la garde du palais, le général Jean-Louis Bellegarde est gouverneur militaire de Port-au-Prince, et le colonel Dessalines (fils naturel de l'empereur) est chef de la police.
· 9 Avril 1848: Un groupe de supporteurs de Soulouque, les Zinglins, demande à Soulouque de se proclamer président à vie. Celui-ci accepte sans se faire prier. Soulouque forme rapidement un nouveau gouvernement.
· 16 Avril 1848: A fin de consolider son pouvoir, Soulouque tue ou emprisonne plusieurs membres de l'élite de Port-au-Prince, mulâtres, pour la plus part. Céligny Ardouin, frère de l'historien, est accusé d'être chef de la conspiration mulâtres, et est grièvement blessé, puis traîné en prison.
· 23 Avril 1848: A la nouvelle d'une révolte dans le Sud, Soulouque part en campagne, laissant Port-au-Prince à Similien. A Aquin, Cavaillon, les Cayes, et Jérémie, Soulouque, assisté des Piquets et des Zinglins, tue près de 800 personnes.
· 15 Août 1848: Après avoir semé la terreur dans le Sud, Soulouque retourne à Port-au-Prince et est triomphalement reçu par les Zinglins. Peu après, Soulouque interdit, sous peine de mort, l'émigration d'Haïti.
· 9 Mars 1849: Soulouque envahit la République Dominicaine, à la tête d'une armée de 15.000 hommes.
· 16 Avril 1849: Soulouque fait emprisonner Similien, qu'il suspectait d'être devenu trop ambitieux. Similien restera en prison jusqu'à sa mort, en 1853.
· 30 Avril 1849: L'armée de Soulouque bat celle de Santana, près de la rivière Ocoa. Puis, soudainement, Soulouque abandonne sa marche sur Santo Domingo et retourne à Port-au-Prince. Les raisons de ce retrait n'ont jamais été tout à fait éclaircies, mais la petite histoire veut que Soulouque ait eu vent d'un complot à Port-au-Prince visant à le renverser.
· 26 Août 1849: Soulouque est déclaré empereur, à la suite d'une pétition circulée par les Zinglins.
· 20 Septembre 1849: Une nouvelle constitution permet à Soulouque de devenir empereur. Faustin premier, et ses descendants après lui, régnera à vie sur Haïti. Plus de 400 personnes reçoivent leur titre de noblesse.
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· 18 Avril 1852: L'Empereur Faustin 1er et l'Impératrice Adelina sont sacrés au cours d'une cérémonie au Champ de Mars.
· 15 Décembre 1855: Soulouque, dans sa dernière tentative de réunir l'île, est battu par les troupes dominicaines, menées par le général Santander, à Santomé et Cambronal.
· 24 Décembre 1855: Le général Santander affronte encore les troupes haïtiennes, cette fois à Savana Mula, et bat l'armée haïtienne. Soulouque fait fusiller ses généraux Voltaire Castor, Dessalines (fils naturel de Jean-Jacques Dessalines), Beliard, suivis d'une multitude de colonels.
· 25 Janvier 1856: Les troupes de Soulouque sont encore battues, cette fois à Savana Larga.
· 14 Février 1856: Soulouque, vaincu en Dominicanie, rentre à Port-au-Prince à la tête de ses troupes, sans tambour ni trompette.
· 20 Décembre 1858: Geffrard, apprenant que Soulouque se méfie de lui, laisse Port-au-Prince sur un voiler et se rend aux Gonaïves.
· 22 Décembre 1858: Un comité révolutionnaire accueille Geffrard aux Gonaïves. L'empire est supprimé et la république rétablie. La constitution de 1846 est remise en vigueur.
· 23 Décembre 1858: Au cours d'une cérémonie aux Gonaïves, Geffrard est déclaré président d'Haïti.
· 2 Janvier 1859: Après avoir arrêté la femme et les filles de Geffrard, Soulouque marche vers les Gonaïves, où Geffrard organise son gouvernement.
· 5 Janvier 1859: Les partisans de Geffrard battent les troupes de Soulouque près de Montrouis.
· 15 Janvier 1859: Soulouque, renversé par Geffrard, laisse Haïti pour Kingston à bord d'un navire à vapeur, le Melbourne. Il reviendra en Haïti en 1867, et résidera à Petit Goâve, sa ville natale, jusqu'à sa mort.
· 23 Janvier 1859: Prestation de serment de Fabre Nicolas Geffrard, président.
· 18 Juillet 1859: Restauration de la constitution de 1846, avec quelques variations. La présidence à vie est rétablie. Fabre Nicolas Geffrard forme son corps militaire particulier, celui des Tirailleurs.
· 4 Septembre 1859: Assassinat de la fille du président Geffrard, Mme. Cora Maneville Blanchefort. Les assassins essayent de faire Geffrard sortir pour le tuer à son tour.
· 29 Septembre 1859: Naissance de Cincinnatus Leconte, petit-fils de Dessalines, et futur président d'Haïti.
· 28 Mars 1860: Date de signature à Rome du Concordat, entre le Vatican et le gouvernement haïtien, représenté par Pierre Faubert et J.-P. Boyer.
· 18 Mars 1861: Santana demande à la reine Isabelle II d'Espagne de subjuguer la Dominicanie.
· 6 Novembre 1861: Le général Léon Legros monte une conspiration contre Geffrard aux Gonaïves et essaye de s'emparer de l'arsenal. Geffrard est alerté à temps et le coup échoue.
· 1er Mai 1862: Le sénateur (et général) Etienne Salomonessaye de soulever les Piquets à Torbeck contre le gouvernement de Geffrard. Les Piquets ne bougent pas. Salomon et six autres généraux sont fusillés aux Cayes.
· 5 Juin 1862: Etablissement des relations diplomatiques entre Haïti, gouverné par Fabre Nicolas Geffrard et les Etats Unis, gouvernés par Abraham Lincoln.
· 27 Septembre 1862: Arrivée en Haïti du premier envoyé diplomatique américain, Benjamin F' Whidden.
· 19 Juin 1863: Aimé Legros, frère de Léon Legros, essaye de soulever les troupes de l'Artibonite contre Geffrard. Les troupes ne le suivent pas, et Legros et huit autres conspirateurs sont fusillés à Saint Marc.
· 10 Octobre 1863: Fabre Nicolas Geffrard rétablit la corvée, une loi exigeant que les citoyens construisent et maintiennent les routes du pays.
· 25 Avril 1864: Pendant une tournée de Geffrard dans le Nord, l'élite de port-au-Prince essaye de s'emparer de l'arsenal. Le coup échoue. Après un procès mouvementé, les accusés sont condamnés à mort, mais les sentences sont commutées, et les accusés sont emprisonnés; certains sont même pardonnés.
· 12 Mai 1864: Geffrard inaugure le phare de Point Lamentin.
· 28 Février 1865: Un incendie éclate à Port-au-Prince. La ville n'a pas de pompiers; 350 magasins de la Grand Rue sont détruits et pillés.
· 7 Mai 1865: Salnave, à la tête d'une bande de dominicains, bat la garnison de Ouanaminthe et marche sur le Cap.
· 9 Mai 1865: Après avoir laissé Ouanaminthe, Salnave et les dominicains qu'il dirige rentrent au Cap sans trouver de résistance. Un comité révolutionnaire est formé, comprenant Démesvar Delorme. Une sécession du Nord est proclamée.
· 15 Mai 1865: Les troupes de Salnave affrontent celles de Geffrard, menées par le général Morisset, au Puilboreau.
· 22 Mai 1865: Le général Morisset est assassiné au sud de Plaisance par une bande de rebelles qui prétendaient vouloir se rendre.
· 9 Novembre 1865: Après six mois de guerre civile, Geffrard finit par conquérir le Cap, assisté de la marine anglaise. Salnave laisse la ville pour Montecristi, à bord du USS Desoto, un navire de la marine américaine. Avant de s'en aller, Salnave ordonne à ses troupes d 'incendier le Cap. Le pays ne pardonnera jamais à Salnave d'avoir encouragé l'ingérence des Anglais dans les affaires haïtiennes.
· 19 Mars 1866: A Port-au-Prince, un incendie éclate au centre-ville. Plus de 800 maisons sont détruites.
· 5 Juillet 1866: Soulèvement des généraux Victor Chevallier et Gallumette Michel aux Gonaïves. Geffrard réagit en embarquant ses tirailleurs à bord de l'Alexandre Pétion pour les Gonaïves.
· 13 Juillet 1866: La révolte du 5 juillet est étouffée quand le général Léon Montas débarque aux Gonaïves, venant du Nord. Les généraux Victor Chevallier et Gallumette Michel se sauvent à Inagua, dans les Bahamas.
· 21 Août 1866: Un groupe de rebelles s'empare de la mairie et de l'arsenal du Cap, mais encore une fois, les troupes du gouvernement sont victorieuses.
· 18 Septembre 1866: L'arsenal de Port-au-Prince saute et détruit plus de 200 maisons.
· 22 février 1867: Une centaine de tirailleurs se mutinent et attaquent le palais. Geffrard se défend, assisté seulement d'une poignée d'aides de camp. La révolte est étouffée grâce à l'arrivée au palais d'un détachement fidèle à Geffrard.
· 8 Mars 1867: Le président Geffrard, essayant de faire diminuer le mécontentement croissant du peuple, instaure la liberté de la presse, réduit son salaire, et promet une meilleure administration des affaires de l'état. Malgré ces concessions, un gouvernement provisoire est formé aux Gonaïves par Nissage Saget, Léon Montas, Salnave et Victor Chevallier.
· 13 Mars 1867: Geffrard abandonne le pouvoir et laisse le pays pour la Jamaïque, ou il restera jusqu'à sa mort.
· 4 Mai 1867: Salnave est nommé " Protecteur de la République ".
· 6 Mai 1867: Le sénat ratifie le poste de Salnave, qui devient président provisoire.
· 14 Juin 1867: Une nouvelle constitution est ratifiée. Le même jour, Salnave prête serment et devient président d'Haïti.
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11 Octobre 1867: Durant une session parlementaire, Armand Thoby, député de Saint Marc, demande la libération du général Montas, emprisonné par Salnave. Chevallier accourt, menaçant, revolver au poing. Une mêlée s'ensuit, mais personne n'est blessé. Quelque jours plus tard, le peuple s'attaque à la chambre. Celle-ci est fermée, et n'ouvrira plus ses portes sous Salnave.
· 5 Novembre 1867: Léon Montas, emprisonné 7 mois plus tôt par Salnave, meurt dans sa cellule.
· 25 Avril 1868: Nissage-Saget se proclame général en chef de l'Artibonite et président provisoire de la république du Nord.
· 1er Mai 1868: Le général (et sénateur) Normil Dubois se proclame " Chef de l'armée constitutionelle du Sud ".
· 2 Mai 1868: Salnave s'embarque avec ses troupes sur un bateau à vapeur vers les Gonaïves pour combattre Nissage-Saget. A peine parti, l'élite de Port-au-Prince tente un coup d'état. Celui-ci échoue.
· 5 Mai 1868: Apprenant qu'un coup d'état a été tenté contre lui, Salnave revient à Port-au-Prince et fait ses troupes piller la ville.
· 8 Mai 1868: Michel Domingue se proclame " Chef de l'état Méridional du Sud ".
· 27 Mai 1868: Port-au-Prince est attaquée par les cacos au nord et les Piquets au sud.
· 15 Aout 1868: Le siège de Port-au-Prince est levé. Les Cacos retournent dans le Nord, ou ils feront alliance avec Nissage-Saget et Nord Alexis.
· 29 Novembre 1968: Signature d'un traité d'annexion de la République Dominicaine par les Etats Unis. Après deux ans de frictions entre Haïti et la Dominicanie, d 'invasions de Cacos sur la frontière, et de menaces du gouvernement américain envers Haïti, que les américains accusaient d'ingérence dans les affaires dominicaines, le projet d'annexion est abandonné.
· 4 Février 1869: Début du siège des Cayes par Salnave. La ville est défendue par Michel Domingue et son neveu, Septimus Rameau.
· 24 Octobre 1869: Nissage-Saget contrôle Port-de-Paix.
· 31 Octobre 1869: Salnave abandonne le siège des Cayes et retourne à Port-au-Prince.
· 4 Novembre 1869: Le général Chevallier abandonne Salnave et rejoint les Cacos.
· 14 Novembre 1869: Nissage Saget contrôle le Cap.
· 18 Décembre 1869: Brice et Boisrond-Canal attaquent Port-au-Prince par la mer, à la tête des Cacos. La ville est envahie. Salnave tente de défendre la ville, mais est obligé de s'enfuir en République Dominicaine.
· 27 Décembre 1869: Jean-Nicolas Nissage-Saget, Nord Alexis, et Domingue forment un gouvernement provisoire.
· 11 Janvier 1870: Cabral capture Salnave en République Dominicaine, le retourne à la frontière, et le remet aux cacos.
· 15 Janvier 1870: Salnave est ramené à Port-au-Prince et jugé par une commission militaire pour avoir violé la constitution. Dans l'après-midi, Salnave est fusillé dans la cour du palais.
· 20 Mars 1870: Jean-Nicolas Nissage-Saget est nommé président pour quatre ans.
· 2 Février 1871: Gallumette Michel, Seïde Télémaque, et Legros tentent de saisir l'arsenal. Le coup échoue, Saget emprisonne les comploteurs, et les fait passer devant un tribunal civil.
· 6 Novembre 1871: Port-au-Prince est encore prise aux flammes. La ville est partiellement détruite.
· 9 Février 1872: Incendie au Palais national, qui est complètement détruit.
· 15 Mars 1872: Le général Cinna Leconte, ancien allié de Salnave, débarque au cap, venant de la République Dominicaine, et capture l'arsenal et la prison.
· 16 Mars 1872: Nord Alexis arrive au Cap, reprend l'arsenal de Leconte, et chasse les rebelles. Leconte est fusillé, ainsi que huit autres comploteurs.
· 18 Juin 1872: Une expedition du gouvernement allemand, avec à sa tête le commandant Batsh, accoste à Port-au-Prince pour collecter une somme de 3.000 £ due à des marchands allemands. Le gouvernement ne réagit pas, et Batsh saisit deux navires de la marine haïtienne qui étaient ancrés dans le port. Le gouvernement rassemble rapidement la somme et la remet aux allemands, qui remettent les navires, mais pas avant d'avoir souillé d'excréments le drapeau haïtien. Le gouvernement haïtien pose une plainte formelle contre Batsh auprès du gouvernement allemand, cela sans conséquences.
· 4 Mars 1873: Gallumette Michel, Jules Legros et Zamor saisissent le magasin de poudre de Fort Bateau, aux Gonaïves. Le général de place, Montmorency Benjamin, soulève la ville contre les rebelles, qui sont massacrés.
· 13 Mai 1874: Nissage Saget, juste quelque jours avant l'expiration de son mandat, nomme Domingue commandant en chef de l'armée et donne sa démission.
· 21 Mai 1874: Nissage Saget laisse volontairement le palais national et retourne à Saint Marc, sa ville natale.
· 14 Juin 1874: Prestation de serment de Michel Domingue, qui a été élu président à l'unanimité par l'assemblée constitutionelle.
· 6 Août 1874: Ratification d'une nouvelle constitution. Celle-ci, basée sur celle de 1816, établit le terme du président à huit ans.
· 26 Avril 1875: Naissance au Cayes du célèbre naturaliste John James Audubon, files d'un marin français et d'une créole.
· 1er Mai 1875: Michel Domingue tente d'arreter Brice, Monplaisir Pierre et Boisrond-Canal. Brice et Pierre sont tués en essayant de se sauver, mais Boisrond-Canal arrive à se réfugier dans la résidence de l'ambassadeur américain, Ebenezer Basset. Cette résidence sera assiégée pendant cinq mois, jusqu'au 4 Octobre 1875.
· 4 Octobre 1875: Sous pression diplomatique des Etats-Unis, Domingue permet à Boisrond-Canal et son frère de partir pour l'exil à bord d'un navire américain.
· 15 Avril 1876: Michel Domingue est jeté, au cours d'une violente révolte. Le vice-président, rameau, est tué alors qu'il essayait de gagner l'ambassade de France.
· 17 Avril 1876: Boisrond-Canal rentre de la Jamaïque.
· 23 Avril 1876: Un gouvernement provisoire est crée, formé de Boisrond-Canal, Florvil Hyppolite, Louis Tanin, et Louis Audain.
· 12 Mai 1876: Lysius Salomon rentre en Haïti, après 17 ans d'exil.
· 17 Juin 1876: Nord Alexis tente de faire secession dans le Nord. Boisrond-Canal réagit violemment, et mène ses troupes pour le combattre. Nord Alexis, vaincu, se réfugie au consulat américain et part pour l'éxil.
· 10 Février 1877: Mariage du président Boisrond-Canal à Wilmina Wilson Phipps.
· 10 Septembre 1877: Le général Diamant saisit Fort Edouard et l'arsenal de Saint Marc, mais est vite battu et capturé.
· 18 Janvier 1878: Boisrond-Canal part en tournée dans le Sud, et laisse Port-au-Prince à la charge du commandant militaire Louis Tanin.
· 15 Mars 1878: Alors qu'il se trouvait à Jérémie, Boisrond-Canal apprend que le commandant Tanin a tenté de s'emparer de l'arsenal de port-au-Prince. Boisrond se dépêche de rentrer à la capitale, à bord du St. Michel, mais la révolte est étouffée avant même son arrivée. Les rebelles sont envoyés en exil.
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· 16 Mars 1878: Révoltes contre Boisrond-Canal à Limonade, La Tannerie, et Saint Raphaël, encouragées à distance par Nord Alexis. Les révoltes sont étouffées par deux généraux, Monpoint Jeune et Séide Télémaque.
· 31 Décembre 1878: Mort de Fabre Nicolas Geffrard, en exil à Kingston.
· 30 Juin 1879: Au milieu d'une épidémie de fièvre Jaune à Port-au-Prince, une mêlée éclate au parlement. 500 hommes, menés par Bazelais, Hannibal Price, et Edmond Paul, se révoltent contre le régime. Les rebelles choisissent la résidence de Bazelais, près de l'angle de la rue Pavée et la rue du Centre, comme quartier général. Une bataille rangée règne dans ce quartier pendant trois jours, pendant lesquels Bazelais perd deux frères.
· 3 Juillet 1879: Boisrond-Canal envoie l'artillerie pour combattre la révolte de Bazelais. Les troupes du gouvernement mettent le feu à la maison de ce dernier, ainsi que celle d'Edmond Paul. L'incendie se répand à Port-au-Prince, et le centre-ville est détruit; 150 personnes sont tuées, et Bazelais se réfugie dans une ambassade, accompagné des autres chefs de la révolte.
· 17 Juillet 1879: Boisrond-Canal abandonne le pouvoir et embarque avec sa famille pour Saint Thomas.
· 17 Août 1879: Bazelais, qui continuait son insurrection aux Gonaïves, est battu et s'enfuit à Kingston, en Jamaïque.
· 19 Août 1879: Lysius Salomon retourne en Haïti.
· 3 Octobre 1879: Coup d'état du général Richelieu Duperval, qui renverse le gouvernement provisoire qui avait succédé à Boisrond-Canal et met Lysius Salomon au pouvoir.
· 23 Octobre 1879: Salomon est choisi par l'assemblée nationale comme prochain président.
· 26 Octobre 1879: Louis Félicité Lysius Salomon devient président, à l'âge de 64 ans.
· 1er Juin 1880: Haïti joint l'Union Postale Internationale et issue ses premiers timbres. Ceux-ci sont imprimés en France.
· 5 Avril 1880: Lysius Salomon, pressentant la préparation d'une révolte dans le Nord, arrête Nord Alexis.
· 20 Novembre 1880: Profitant de l'absence du président Salomon, en tournée dans le Sud, le général Mentor Nicolas laisse Port-au-Prince pour Saint Marc, où l'attendent des alliés, en vue de préparer une révolte. A son arrivée, il est accueilli par le commandant de la ville, le général Turenne Levieux, qui était au courant du complot, et mis aux arrêts.
· 29 Août 1881: La ville des Cayes est détruite par un incendie.
· 8 Décembre 1881: Pendant une épidémie de rougeole qui affecte le pays tout entier, le général Desormes Gresseau, ami de mentor Nicolas, saisit l'arsenal de Saint Marc et se révolte contre le gouvernement. Le commandant Turenne Levieux, malade, laisse son lit, reprend l'arsenal, et chasse les rebelles de la ville.
· 5 Mai 1882: Salomon fait fusiller Mentor Nicolas.
· 27 mars 1883: Jean Pierre Boyer Bazelais, à la tête d'une centaine de rebelles, débarque à Miragoâne, en provenance de la Jamaïque, avec l'intention de jeter le gouvernement de Lysius Salomon. Ce dernier était au courant de l'opération et avait déjà encercle la ville.
· 13 Avril 1883: Les Cacos se révoltent contre Salomon. Ce dernier écrase le soulèvement et garde contrôle de la situation.
· 6 Mai 1883: Salomon envoie Brudel, un diplomate français, négocier avec les rebelles stationnés à Miragoâne. Ils leur offre sauf conduit hors du pays, moyennant qu'ils se rendent. Bazelais refuse.
· 27 Mai 1883: Jérémie se soulève contre Lysius Salomon. Une terrible bataille s'ensuit, et Salomon est victorieux.
· 29 Mai 1883: Salomon offre de céder l'île de La Tortue aux américains, en échange pour leur protection contre une éventuelle attaque étrangère. Les Etats-Unis refusent.
· 22 Juillet 1883: Le lendemain d'une visite à chargée de menaces du secrétaire militaire de Salomon, Veriquain, une quarantaine de libéraux, menés par Barjon et Normil Chocoyé, se soulèvent à Jacmel, prennent l'arsenal, et emprisonnent les principaux partisans de Salomon. Mérisier Jeannis arrive à se sauver.
· 2 Août 1883: 800 Piquets, envoyés par Lysius Salomon pour aider Mériser Jeannis dans sa lutte contre les Jacmeliens. Le bataille de Derrière-la-Loge s'ensuit. Les Jacmeliens repoussent les Piquets, mais les pertes en vies humaines sont sévères.
· 3 Août 1883: Veriquain et plusieurs autres partisans de gouvernement sont fusillés par les rebelles de Jacmel, après la bataille de Derrière-la-Loge.
· 7 Août 1883: Combat au Bel-Air entre les troupes du gouvernement et un groupe de rebelles.
· 17 Septembre 1883: Salomon envoie encore une fois Mérisier et les Piquets à l'assaut de Jacmel. Encore un fois, les Jacmeliens les repoussent. Salomon décide d'assiéger la ville.
· 22 Septembre 1883: Le commandant de Port-au-Prince, Général Penor Benjamin, est assassiné par une trentaine d'étudiants des facultés de droit et de médecine, qui vont se réfugier au consulat d'Espagne après leur méfait. Salomon fait brûler les maisons de ses ennemis. Les pertes sont énormes.
· 23 Septembre 1883: Henry Piquant, ministre de la guerre de Salomon, est tué à Miragoâne. Quand la nouvelle arrive à Port-au-Prince, la ville est mise à feu et à sang: Les plus grands magasins sont pillés, puis détruits. La Grand Rue est réduite à un tas de cendres. Les ministères du Commerce, des Finances, et des Affaires Etrangères sont détruits. Les mulâtres sont tués à vue. Ce triste épisode, appelé plus tard la semaine la Semaine Sanglante, coûte la vie a plus de 4000 mulâtres. Quant à Salomon, sa colère est tellement forte qu'il devient délirant, d'après Brudel.
· 24 Septembre 1883: Salomon reçoit un ultimatum des représentants des gouvernements français, allemand, anglais, belge, espagnol, hollandais, norvégiens, et suédois, l'informant que les forces de leur pays interviendront si le pillage et la tuerie ne cessent pas immédiatement. A midi, la ville se calme.
· 27 Octobre 1883: Boyer Bazelais meurt à Miragoâne, attaqué de dysenterie. Ses lieutenants tiennent bon, et le siège de la ville continue.
· 8 Novembre 1883: Salomon offre aux Etats Unis l'île de La Tortue ou le Môle Saint Nicolas, selon leur préférence, avec en échange protection contre la France et l'Angleterre, le paiement par les Etats Unis de la dette nationale, et le don de deux navires pour renforcer la marine haïtienne. La proposition arrive auprès de Chester Arthur, président américain, qui refuse.
· 19 Novembre 1883: Salomon fait le navire Dessalines bombarder Jérémie.
· 21 Novembre 1883: Salomon fait le navire Dessalines bombarder Jacmel.
· 1er Décembre 1883: Les chefs des assiégés de Miragoâne votent de se rendre, neuf pour, six contre. Salomon refuse d'accepter leur capitulation et de leur accorder sauf-conduit. Le siège continue.
· 5 Décembre 1883: Jérémie capitule, et les forces de Salomon rentrent dans la ville. Le même jour, les rebelles de Jacmel négocient les termes de leur capitulation: Les chefs seront permis de partir pour l'exil, et les autres seront pardonnés.
· 31 Décembre 1883: Les troupes de Salomon rentrent à Jacmel.
· 4 Janvier 1884: Salomon fait fusiller une quarantaine des rebelles de Jacmel, à l'encontre des termes de leur soumission.
· 8 Janvier 1884: Les assiégés de Miragoâne laissent la ville et s'enfuient dans les mornes, avec à leur tête Mathurin Legros et Boileau Laforest. Les fuyards sont poursuivis par les troupes de Salomon.
· 13 Janvier 1884: Mathurin Legros, Boileau Laforest et leurs hommes essaient de gagner Petit Goâve, où sont stationnés des bateaux étrangers. Une poignée d'entre eux y arrivent ; plus d'une centaine d'autres, y compris Legros, sont tués.
· 17 Janvier 1884: L'insurrection libérale ayant échoué, Salomon, victorieux, embarque à bord du Dessalines pour visiter Grand Goâve, Petit Goâve, Miragoâne, Jérémie et Jacmel.
· 11 Septembre 1885: Tentative de prise de l'arsenal, au cap. Le commandant de la ville Tirésias Simon Sam, met les attaquants en fuite. Trois rebelles sont capturés et fusillés, et 16 autres sont appréhendés par la suite, et fusillés à leur tour, deux mois plus tard.
· 30 Décembre 1885: Plusieurs employés anglais de la Banque Nationale d 'Haïti sont jetés en prison, à la suite de l'affaire des mandats.
· 30 Juin 1886: Après une modification de la constitution, permettant au président de remplir un second terme, Salomon est réélu à la présidence.
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23 Septembre 1887: Un tremblement de terre dans le Nord détruit la nouvelle cathédrale de Port-de-Paix.
· 24 Mai 1888: La tension monte à Port-au-Prince, quand un soldat décharge accidentellement son mousquet au marché. Salomon, menaçant, déclare être prêt à « fusiller le monde en pile ».
· 4 Juillet 1888: Le feu est mis à la chambre des députés. L'incendie se répand dans Port-au-Prince. L'école de Droit, l'église épiscopale, la Maison de l'évêque Holly sont détruites.
· 7 Juillet 1888: Nouveaux incendies criminels à Port-au-Prince. Le ministère de la Justice est détruit. Thompson, ambassadeur américain, dira plus tard que l'odeur d'essence émanait de tous les incendies de ce jour, qui éclataient un peu partout dans la ville. Salomon met des gardes à tout les coins de rues, sans grand succès.
· 4 Août 1888: Seïde Télémaque, commandant de la ville du Cap, rentre en révolte contre le gouvernement. Le Nord le supporte.
· 9 Août 1888: Salomon confie à l'ambassadeur américain, Thompson, qu'il envisage démissionner.
· 10 Août 1888: Hérard Laforest, commandant de Port-au-Prince, rejoint la révolte. Salomon laisse le pays pour la France. En partant, il déclare, « je leur ai laissé un cigare allumé aux deux bouts ».
· 15 Août 1888: Seïde Télémaque, en route vers Port-au-Prince, en provenance du Nord, arrive aux Gonaïves.
· 16 Août 1888: François Denis Légitime rentre à Port-au-Prince à bord du SS Albo, en provenance de Kingston, après deux mois d'exil.
· 23 Août 1888: Seïde Télémaque rentre à Port-au-Prince à la tête de ses troupes, dont deux divisions se stationnent en face du palais. La tension monte dans la ville.
· 17 Septembre 1888: Un gouvernement provisoire de sept membre, parmi lesquels Seïde Télémaque, François Denis Légitime, Boisrond Canal, et Florvil Hyppolite, organise des élections de l'assemblée constituante. Télémaque sort vainqueur.
· 28 Septembre 1888: Port-au-Prince devient un champ de bataille. Les troupes de Boisrond Canal attaquent celles de Télémaque. Ce dernier est tué.
· 19 Octobre 1888: Mort de Lysius Salomon, à Paris. Il est enterré au cimetière de Passy.
· 27 Novembre 1888: Un gouvernement provisoire est formé au Nord, sous le nom de la République Septentrionale, avec Florvil Hyppolite comme chef.
· 16 Décembre 1888: Une nouvelle constitution est ratifiée à Port-au-Prince et François Denis Légitime est nommé président pour un terme de sept ans.
· 27 Octobre 1888: Dardignac, envoyé par Légitime, saisit la ville de Jacmel. Mérisier Jeannis prend l'ambassade.
· 14 Juin 1889: Boisrond Canal embarque pour le Havre.
· 9 Octobre 1889: Florvil Hyppolite prend le pouvoir.
· 17 Octobre 1889: Florvil Hyppolite prête serment aux Gonaïves. Une nouvelle constitution, préparée par Firmin et Léger Cauvin, est ratifiée le même jour. Cette constitution restera en vigueur pendant 29 ans, la plus longue tenure d'un constitution dans l'histoire d'Haïti.
· 5 Novembre 1889: Hyppolite proclame une amnistie générale dans le pays.
· 14 Novembre 1889: Présentation à Port-au-Prince des lettres de créances de Frederick Douglass, premier ambassadeur noir des Etats Unis.
· 3 Février 1890: Hyppolite et Heureaux, président de la République Dominicaine, se rencontrent à Thomazeau, et acceptent de garder leur pays respectifs hors des affaires politiques de leur voisin.
· 25 Janvier 1891: L'amiral Gherardi, de la flotte américaine, débarque à Port-au-Prince, avec pour mission d'obtenir du gouvernement d'Hyppolite l'usage du Môle Saint-Nicolas.
· 9 Février 1891: Firmin refuse de négocier un traité concernant le Môle Saint-Nicolas, sous prétexte que les lettres de créance de l'amiral Gherardi sont signées par le secrétaire de la marine américaine, et non par le président Harrisson.
· 18 Avril 1891: L'amiral Gherardi revient en Haïti, avec les lettres de créance signées par le président Harrisson lui-même, comme demandé par Firmin, et demande encore une fois de négocier un traité d'utilisation du Môle Saint-Nicolas par les américains. Cette fois-ci, Gherardi est accompagné de sept navires de guerre.
· 22 Avril 1891: Le président Hyppolite refuse d'affermer le Môle Saint-Nicolas aux Etats-Unis, déclarant que la constitution ne le permettait pas.
· 27 Avril 1891: L'amiral Gherardi laisse les eaux territoriales haïtiennes, après le refus de Firmin et du président Hyppolite d'affermer le Môle Saint-Nicolas aux Etats-Unis.
· 28 Mai 1891: Le jour de la Fête Dieu, pendant que le président, sa famille et ses ministres se trouvaient à la cathédrale, un groupe de 70 rebelles, menés par le général Sully Guerrier et François Garcia, officier de la garde présidentielle, descend du morne l'Hôpital sur Port-au-Prince. Ils se rendent à la prison, libèrent et arment un groupe d'opposants. Les rebelles attaquent le palais, mais sont repoussés par les forces d'Hyppolite. Le président réagit avec violence, et fait tuer 150 membres de l'opposition.
· 22 Novembre 1891: Inauguration du Marché en Fer de Port-au-Prince.
· 16 Mars 1896: Les Piquets et les Rasoirs de Mérisier rentrent à Jacmel, pillent l'arsenal et vont se réfugier à Lafond.
· 24 Mars 1896: En réaction à l'attaque de du 16 Mars Mérisier, Hyppolite laisse la capitale à la tête de ses troupes vers Jacmel. Au portail Léogane, Hyppolite, frappé d'une crise d'apoplexie, tombe de cheval et meurt sur le champ. Son chapeau panama est piétiné par son cheval, d'où la chanson "Panama'm Tombé".
· 31 Mars 1896: Le général Tirésias Augustin Simon Sam est élu président d'Haïti par l'assemblée constituante.
· 20 Septembre 1897: Emile Lüders est emprisonné, à la suite d'une altercation avec la police. L'ambassadeur allemand, Comte Von Schwerin proteste, et Lüders est libéré, et déporté. Von Schwerin demande également que le juge du procès de Lüders soit révoqué, demande que le président Sam ignore.
· 6 Décembre 1897: Deux navires de guerre allemands, Charlotte et Stein, arrivent à Port-au-Prince, et leur capitaine, August Thiele, Fait les demandes suivantes:
1. Une indemnité de $20,000 est payée a Emile Lüders (voir 20 Septembre), et il est admis à retourner en Haïti.
2. Le gouvernement haïtien présente des excuses officielles au gouvernement allemand.
3. Un salut de 21 coups de canon aux couleurs impériales.
4. Une réception au palais pour le Comte Von Schwerin, ambassadeur allemand.
Haïti proteste, mais Thiele répond que si le gouvernement ne s'exécute pas, le palais sera détruit et Port-au-Prince bombardée. Le président Sam demande l'aide des Etats-Unis, qui refusent. N'ayant pas le choix, Sam accepte, et les navires Allemands s'en vont.
· 21 Avril 1900: Naissance de Dumarsais Estimé, à Verrettes.
· 11 Avril 1902: Jacmel est attaquée par des rebelles. L'assaut est repoussé, et 40 insurgeants sont arrêtés. Leur chef est fusillé dans les rues de la ville. | | | |