J'avoue
que cette matinée
n'a pas été très
agréable pour moi tout comme elle a dû ne
pas l'être pour des millions d' haïtiens.
Ce, pour la simple et bonne raison que la lecture du
rapport sur la réunion qui s'est tenue hier à la
Jamaïque entre Jean Bertrand Aristide, le Premier
Ministre P. J. Patterson, et d'autres leaders de la
Caricom n'a fait que proposer la continuation de l'éternelle
charade autour de la situation haïtienne.
Aujourd'hui,
personne en Haïti ne peut se payer
le luxe de perdre du temps et de continuer à se
faire tourner en bourrique par ceux-là même
qui nous enjoignent à résoudre nos propres
problèmes lorsque cela leur convient. Une chose
est abondamment claire : Aristide doit s'en aller.
Il est impératif de comprendre que le peuple
haïtien n'a plus une once de patience avec les
dilatoires et les tactiques démagogiques car
les gens ont faim et n'ont plus rien à perdre.
M.
Aristide a déjà atteint le point de
non retour et doit quitter le pouvoir.
Il
est absurde que des négociations soient
tenues par Caricom, car cette organisation ne jouit
pas d'une bonne réputation dans le pays (on
les as surnommés les Complices de la Caraïbe),
et les haïtiens ne sont pas près à leur
pardonner le soutien aveugle qu'ils ont apporté à Aristide
pendant toutes ces années. Le peuple haïtien
se méfie de la Caricom et tend à voir
ses leaders comme des opportunistes qui ne cherchent
que l'occasion de faire de bonnes affaires. Il n'y
a qu'Orlando Marville qui soit respecté pour
la justesse de ses opinions et sa véracité.
L'opposition
n'arrivera jamais à un accord
négocié avec Aristide, bien que l'OEA
(connu en Haïti comme "Organisation des Employés
d'Aristide") ait fait traîner les choses
depuis 3 ans , et nous invite encore à utiliser
les mêmes méthodes désuètes
en vue de recommencer la même farce, donnant
par là à Aristide le temps et la possibilité de
concocter d'autres méthodes tordues de s'accrocher
au pouvoir.
La
Caricom a indiqué qu'elle imposerait des
sanctions contre le pays si Aristide ne respecte pas
les conditions de la nouvelle proposition qu'il s'est
engagé à mettre en application. Pensons-y
: d'abord, quelles sanctions imposées par Caricom
auraient assez d'impact pour forcer le dictateur Aristide à garder
ses promesses. Caricom ne fait pas des affaires importantes
avec Haïti, donc ces sanctions ne posent aucune
menace pour le pouvoir en place. À moins d'expulser
Haïti de la Communauté, ce qui, à mon
avis, n’inquiète vraiment personne.
En
deuxième lieu, depuis quand Aristide le
tyran a-t-il respecté aucun des accords qu'il
a signés au cours des quatorze dernières
années ?
En
troisième lieu, depuis quand engage-t-on
des pourparlers avec des bandits et des escrocs ? Cela équivaut à dire
qu'éventuellement l'ONU entrerait en pourparlers
avec quelqu'un comme Osama Bin Laden, c'est de la folie
pure!
La
lecture de ce genre d'histoires nous donne froid
dans le
dos, on entend parler d'une réunion
d'évaluation le 15 mars, j'imagine que cela
nous mènera à une autre réunion
en juin ou juillet, cassant ainsi le mouvement de la
population et donnant à Aristide et à ses
rapaces le temps de mieux asseoir leur régime
totalitaire et dilapider encore plus de fonds publics
pour acheter le soutien des Kurzbans de ce monde.
Ce
qui est attristant, c'est que les haïtiens
continueront d'être assassinés en pleine
rue, tandis que les leaders de la Caricom resteront
sourds et aveugles à la gravité du moment
présent. Ils continueront leurs efforts pour
essayer de maintenir au pouvoir un régime autoritaire
ayant à sa tête un trafiquant de drogue
notoire, à la fois terroriste et psychopathe.
Ce
faisant, la Caricom donne à penser qu'il
y a un espoir de changement pour le gouvernement d’Aristide.
Il faut être d'une naïveté extrême
pour penser que ce type de changement pourrait survenir
en quelques semaines après 11 ans de mauvaise
foi patente !
En
voulant ménager et le chou et la chèvre
CARICOM ne fait qu'accélérer l'inévitable.
Selon
des psychiatres, passé l'âge de
sept ans, les gens ne changent pas, la personnalité est
déjà formée ; selon la psychiatrie,
un psychopathe n'a aucune conscience, aucun sens de
culpabilité, et aucun remords.
Par
conséquent, lorsque nous lisons des nouvelles
comme celle relative à la réunion de
la Jamaïque, la perspective d'un nouveau round
d'entretiens stériles accompagnés de
vins fins et de somptueux dîners nous fait frémir
car, entre-temps, la crise ne fera que prendre de l'ampleur
et nous mènera inexorablement à un bain
de sang.
Aujourd'hui,
nous venons d'apprendre que la manifestation anti-Aristide
vient de gagner les rues, ce qui ne manque
jamais de nous faire craindre de nouveaux morts, et
autres dérapages qui ne font qu'attiser la colère
du peuple, la question est combien faut-il de souffrances
et de destruction pour faire comprendre à l'internationale
que le régime actuel ne peut pas tenir, qu'il
est à sa phase terminale, et qu'il n'y a plus
de négociation possible ?
La
seule chose à négocier est la date
et les modalités du départ d'Aristide,
et le lieu et la date de son éventuel jugement
par-devant un tribunal compétent.
Les
leaders de la Caricom agissent comme des enfants
qui jouent
avec de la dynamite, c’est toujours
amusant jusqu'au moment de l'explosion fatale.
Miami,
Florida
Dimanche, 01 février 2004
moun@moun.com
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